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Forum JDR post-apocalyptique dans un monde contemporain alternatif en proie aux zombies, à des créatures pires encore ainsi que des événements surnaturels.
 

Matthias Deth
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Matthias Deth

Matthias Deth

Lun 21 Nov - 12:03
Fiche d'identité
s38L83b
Prénom(s) : Matthias

Nom : Deth

Né(e) le : 02/09/2000

À : Dallas, Texas, USA

Métier : Détective Privé

Particularité(s) : - Traces de brûlures et petites cicatrices au niveau de ses doigts et mains
- Alliance à l'annulaire gauche ; Plus petite alliance à l'auriculaire gauche

À-propos

Thème musical :


Feat : Jon Hamm
Type : Survivant

Description physique

Grand d’un mètre quatre-vingt-six pour quatre-vingt-douze kilos, Matthias a de larges épaules et semble de premier abord assez carré. Une stature imposante qu’il n’hésite pas à accentuer en bombant le torse et en se tenant le plus droit possible quand il échange avec d’autres personnes.

Ses yeux vert clair toisent les interlocuteurs du trentenaire qui semble faire plus âgé quand on détaille son visage, sans doute les affres de la fin du monde qui marquent les vivants. Une barbe poivre et sel de trois jours, visiblement mal entretenue, habille sa mâchoire carrée. De petites rides sont visibles au coin de ses yeux, petites rides qui semblent bien plus prononcées quand il plisse les yeux, chose qu’il fait bien trop souvent quand il échange avec ses comparses encore vivants.

Ses cheveux noirs semblent eux aussi coupées maladroitement, courts sur les côtés, un peu plus longs sur le dessus avec des mèches de différentes longueurs comme si Matthias s’était lui-même occupé de sa coiffure sans miroir. Et sans réel talent.

Sa peau blanche semble avoir été marquée par le soleil et les nombreuses sorties de Matthias, laissant un véritable bronzage agricole sur cet ancien flic. Pour différentes raisons pratiques, Matthias ne portait jamais de gants, d’écharpe ni-même de casque, ce qui était sans doute un facteur aggravant dans la disparité du brunissement de sa peau, mais il s’en moquait.

Il se moquait de sa coiffure, de son style vestimentaire et plus généralement de son apparence en général depuis que sa principale inquiétude était de faire face aux décharnés. Il privilégiait le côté pratique avant tout, portant quasiment toujours une paire de jeans avec une veste en cuir afin d’éviter les blessures stupides qui auraient pu lui coûter cher en cette période. Il est possible de constater au niveau de ses doigts de très nombreuses petites cicatrices et brûlures, signe qu’il utilise ses mains pour différentes choses depuis que le monde l’y oblige. Au niveau de ses mains, il est aisé de constater une alliance au niveau de son annulaire, mais on peut noter qu'il semble porter une autre alliance, visiblement plus petite à l'auriculaire gauche, juste à côté de la première.

La posture du brun, son physique, mais aussi et surtout son expression laissent penser qu’il souhaite s’imposer face aux autres, qu’il se croit supérieur, ou du moins, qu’il les considère inférieurs.

Description psychologique

Matthias n’arrivait pas à pleurer. C’était l’une des remarques qui sortait de ses entrevues obligatoires avec un psychologue et sans doute l’une qui avait le plus marqué Matthias. En réalité, il ne savait même pas lui-même s’il en était capable ou non, ce qu’il savait en revanche, c’est qu’il gardait tout pour lui, qu’il ne s’étalait pas sur ses émotions jusqu’à ce que ces dernières ne deviennent bien trop lourdes et pesantes pour lui seul et qu’il se décide enfin à les partager.

Le partage de ses émotions était sans doute une façon plus douce de dire que toute sa frustration emmagasinée se transformait en rage et qu’il l’exprimait dans un déferlement de violence de façon plus ou moins fréquente jusqu’à ce qu’il soit obligé de consulter un spécialiste pour échanger à ce sujet.

Ces nombreuses sessions, où il avait eu le loisir de s’exprimer et d’écouter l’avis d’un spécialiste, auraient pu l’aider s’il l’avait souhaité, ou fait l’effort, de prendre en compte ce que les autres disaient. Mais pour Matthias, la majorité des gens n’étaient que des cons, et par majorité, il entendait bien évidemment tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui.

En effet, il aimait avoir raison – et surtout – il aimait le montrer. Il se plaçait en leader très souvent quand il ne trouvait aucune personne pour l’être à sa place. Cela résume plutôt bien une phrase qu’il a été amené à lâcher assez souvent, à ses supérieurs, ses coéquipiers, et même thérapeutes : « Pourquoi moi ? Parce que personne ne veut le faire, mais que quelqu’un le doit. ».

Bien évidemment, pour répondre cette simple phrase, il fallait qu’il ait un ego surdimensionné, ce qu’il avait. Étrangement, malgré cet ego et le fait qu’il prenne assez naturellement la position de leader, il a toujours gardé une certaine discipline pour la hiérarchie, un respect pour ses supérieurs qu’eux-mêmes trouvaient étonnant, compte tenu du personnage au langage fleuri et au tempérament sulfureux.

Tête brûlée, hautain, arrogant, intolérant, imbu de lui-même, violent, un brin raciste, misogyne, égoïste et égocentrique, on ne peut qu’avoir des difficultés pour compter le nombre faramineux de défauts qu’a Matthias, mais rien n’était tout blanc ou tout noir, et malgré ses mauvais côtés, il lui arrivait parfois de briller.

L’ancien flic faisait preuve d’un pragmatisme extrême, ne cherchant que le résultat et l’efficacité, uniquement ce qui fonctionnait réellement, mais cette attitude – surtout dans son métier – avaient pu en dérouter plus d’uns, essentiellement ses plus proches collègues qui parfois, préféraient tout simplement ne pas avoir affaire à lui. Difficile, mais efficace. Il savait ce qu’il avait à faire pour rester et pour grimper, c’était sans doute pour cette raison qu’il avait réussi à rester autant de temps et à obtenir certaines positions au sein de la police et de la D.E.A.

Si ses supérieurs arrivaient à tirer ce qu’il fallait de Matthias et à le supporter, c’était sans nul doute pour son respect de la hiérarchie et de ses supérieurs, respect qu’il n’avait pas nécessairement avec les autres, que ce soient ses collègues, partenaires ou bien sa femme. Ces derniers ont pu, malheureusement, mal vivre ces moments en compagnie du brun.

Il se souciait assez peu de ce que pouvaient penser les autres de lui, à vrai dire, il s’en foutait éperduement. S’il n’avait rien de plus à en tirer, cela n’avait aucune importance. Tout comme le contact humain, Matthias n’avait jamais mal vécu la solitude, tout comme il n’avait jamais bien vécu le fait d’être entouré. Jamais vraiment heureux, jamais vraiment malheureux grâce ou à cause des gens. C’étaient les petits plaisirs de la vie qui égayaient ses journées, comme celui de briser le bassin d’un dealer en lui fonçant dessus en voiture, ou bien celui de baiser avec sa coéquipière sur un matelas recouvert de billets verts.

Mais quand le monde change, les hommes suivent le mouvement. C’était le cas de Matthias qui semblait faire preuve d’un peu plus de diplomatie qu’auparavant. Peut-être que ses longues sessions avec un psychologue avaient produit quelque chose finalement ? Peut-être qu’il jugeait que l’utilité de ses comparses n’était pas à prouver et que se mettre à dos quelques personnes dans un groupe pouvait lui être fatal. Il savait que ses chances de survie dépendaient principalement de sa place dans cette communauté plus que restreinte et qu’à présent, ils étaient tous sur un pied d’égalité vis-à-vis de la Faucheuse.

Cependant, les gens ne changent pas complètement, et si Matthias se devait d’être un minimum vivable pour ses comparses afin d'éviter d’être laissé derrière ou pire, il conservait toujours cette position dans laquelle il tentait d’intimider ses interlocuteurs, d’exhiber ce qu’il était. L’effondrement de la civilisation n’avait pas que des mauvais côtés, au contraire. Les accès de colère de brun devenaient de plus en plus rares, car il avait l’occasion de se défouler sur les morts sans craindre les conséquences de l’Ancien Monde. Si ses dérapages étaient mal vus auparavant, maintenant, ils étaient considérés comme une nécessité. Le premier besoin des survivants, celui de se défendre face à leur ultime prédateur.

Matthias en jouait. Car personne ne voulait le faire, mais il fallait que quelqu’un le fasse. Ce quelqu’un était Matthias et il n’hésitait pas à le rappeler et à le mettre en avant. Il continuait d’avancer pour les petits plaisirs qui étaient devenus bien plus rares depuis l’avènement du Nouveau Monde, et donc, biens plus plaisants. Mais il s’efforçait d’avancer par pur ego, celui de mener les autres alors que personne d’autre ne pouvait le faire. Il ne devait sa survie qu’à deux péchés capitaux. L’orgueil et la gourmandise. Assez ironique pour un catholique.

Histoire jusqu'à l'Apocalypse

Le deux septembre de l’an deux mille, le putain d’Irlandais qu’est Matthias est né. Il n’avait rien de putain, mais il lui arrivait de se présenter comme ça et il n’avait plus grand-chose d’Irlandais non plus, car les Irlandais les plus proches dans son arbre généalogique remontaient à plus de deux siècles. Mais la volonté d’appartenir à une communauté et de revendiquer cette même appartenance étaient des choses très fortes chez le père de Matthias. Bien évidemment, le petit homme admirait son père et recopiait bien cela. C’était d’ailleurs à l’âge de cinq ans que le petit Matthias déclara pour la première fois qu’il était un putain d’Irlandais, répétant les mots de son père prononcés quelques secondes plus tôt alors que ce dernier était à table avec des amis, où tous avaient une bière à la main. Bien évidemment, il provoqua l’hilarité générale de son père et de ses amis. Mais pas de sa mère qui ne semblait pas appréciait les « vilains mots » qu’il avait prononcés.

Bien évidemment baptisé par ses parents, non pas par question de religion, mais par question culturelle, car tout le monde était baptisé, alors il fallait perpétuer la tradition, se marier à l’église, inviter toute la famille à chaque fois et faire la fête pour célébrer ces jours en accord avec la foi catholique. Ou en désaccord avec le foie du grand-père paternel de Matthias qui décéda d’une cirrhose lorsque le petit homme avait treize ans. Si sa mère, droite et autoritaire le mettait en garde contre l’abus d’alcool, de tabac, et d’autres repas non équilibrés, le père de Matthias, qui venait d’enterrer son propre père expliqua une chose que le futur policier n’oubliera jamais. C’est en faisant ce qu’on veut qu’on meure heureux. Il ne fallait pas renoncer aux petits plaisirs de la vie car la vie, elle, s’arrêterait d’elle-même et n’attendrait jamais qu’on ait accompli quelque chose pour s’échapper de notre corps.

Le père de Matthias était loin d’être un philosophe, c’était un mécanicien qui s’hydratait le gosier bien trop fréquemment et qui couchait avec la pharmacienne, la factrice, la femme du patron du bar où il allait bien trop souvent. La mère de Matthias, elle, travaillait au service comptabilité d’une entreprise de plomberie, de chauffages, de climatisations et tout un tas de trucs comme elle disait quand elle devait décrire son travail. Un métier alimentaire qu’elle faisait bien, mais sans la moindre passion par habitude, par peur d’aller vers l’inconnu et tout un tas d’autres raisons discutables.

Les parents de Matthias restèrent ensemble jusqu’à ce que ce dernier entre dans les forces de l’ordre, soit à l’âge de vingt-deux ans. Il commença à protéger et servir à Austin et c’est deux ans plus tard, qu’il rencontrera celle qui deviendrait plus tard sa femme. Rose était une magnifique rousse, intelligente, sensible, cultivée et tout un tas de qualités qui poussait Matthias à l’épouser après quatre ans de vie commune. La même année que son intégration à la D.E.A.

Pendant ses quatre années dans la police, Matthias exerçait les missions classiques d’un policier, patrouilles, intervention pour coups et blessures, tapages nocturnes, contrôles… Puis un jour, il est intervenu sur un cambriolage d’un cabinet de vétérinaire. Deux hommes à l’intérieur, un à l’extérieur qui montait la garde. Bien entendu, tous étaient armés et celui qui montait la garde n’avait pas hésité une seule seconde à presser la détente pour tirer sur le duo que formaient Matthias et son coéquipier. La noirceur de la nuit et la panique empêchèrent le criminel de toucher ses cibles qui s’étaient mises à l’abri derrière leur véhicule.

Matthias répliquait pour éviter toute fuite des suspects et réussit un tir sur l’un des suspects au niveau de la cuisse. Ce dernier se réfugia dans le cabinet avec ses deux autres partenaires. Les deux policiers restèrent en position sans prendre de risque, gardant un visuel sur les différentes sorties après que le coéquipier de Matthias eût demandé une intervention rapide. Le duo s’était préparé à ce qu’ils sortent, craignant une intervention qui les aurait bloqués dans ce cabinet, mais il n’en était rien. Les suspects restèrent à l’intérieur et ne tentèrent pas de sortir jusqu’à l’intervention des renforts. En réalité, ils étaient restés à l’intérieur, tentant d’arrêter d’hémorragie de leur partenaire blessé à la cuisse.

C’était cette soirée qui avait marqué un tournant dans la carrière de Matthias et qui l’avait mis en bonne position pour intégrer la D.E.A. Il avait empêché les suspects de s’enfuir avec l’aide de son coéquipier et cela avait mené à l’arrestation des trois suspects qui permirent à la D.E.A. d’effectuer une opération bien plus large sur un réseau distributeur de kétamine entre Austin, San Antonio et Houston. C’est à peine quelques mois après cette nuit qu’il intégra la D.E.A. après avoir réussi différents tests et avec une bonne recommandation de son supérieur direct et du futur responsable direct de Matthias à la D.E.A.

Il était très jeune pour être chez les fédéraux, et ça lui est rapidement monté à la tête. Son ego devenait de plus en plus important et la liberté relative qu’il avait en plus comparée à son ancien poste ne l’aidait pas à rester humble. Il obtenait de très bons résultats sur le terrain, utilisant tous les moyens qui fonctionnaient comme l’aide de certains hackers pour obtenir différentes preuves lorsqu’il en avait besoin… Tout comme il n’hésitait pas à bousculer certains témoins ou suspects pour avoir des résultats.

Bien entendu, cela ne plaisait pas à tout le monde, et pendant trois ans, il changeait régulièrement de coéquipier. Il ne pouvait pas s’entendre avec tout le monde, mais en réalité, il ne s’entendait avec personne et l’une des seules raisons pour lesquelles il restait en poste était son efficacité aux méthodes discutables. S’il arrivait à obtenir des résultats, ce n’était pas toujours le cas, et quand il n’arrivait pas à ce que son travail soit payant, il se sentait frustré. Cela le poussait à bousculer quelques suspects de façon musclée jusqu’à ce qu’il reçoive un avertissement de sa direction, le frustrant davantage.

Ce fut ce soir-là où il frappa sa femme pour la première fois. Mariés depuis trois ans, Matthias avait pu se montrer rustre à de très nombreuses reprises, mais il n’avait jamais levé la main sur elle. Jusqu’à ce soir-là. Renfermé sur lui-même, l’air renfrogné, il s’était affalé dans un fauteuil, rongeant son frein sans rien pouvoir faire d’autres que de ressasser les événements qui l’avaient mené à avoir cet avertissement. Il pensait aux lois qui semblaient être bien plus en faveur des criminels que des autres, que sa hiérarchie se pliait à ces mêmes règles qui les poussaient à échouer encore et encore pour défendre de grands principes moraux qu’il trouvait totalement hypocrite.

Rose sentait que son bien-aimé époux avait des problèmes, quoi de plus normal que de venir s’asseoir sur l’accoudoir de son fauteuil pour lui caresser les cheveux en tentant de le réconforter ? Mais Matthias avait besoin d’être seul, il n’avait pas besoin de réconfort, pas besoin de réfléchir, pas besoin de trouver une solution, mais juste d’être seul pour digérer. C’est pourquoi il retira sa tête de la main de sa belle en lui demandant de le laisser tranquille. Sa femme ne comprenait pas pourquoi il la repoussait et laissa à nouveau sa main se glisser dans ses cheveux jusqu’à ce que son mari vienne la repousser violement, la faisant tomber à la renverse avant de lui hurler dessus.

C’était en larmes que Rose partit se réfugier dans leur chambre, inondant son oreiller jusqu’à ce que Matthias vienne passer la nuit dans leur lit conjugal sans un mot, sans une excuse, sans un geste réconfortant. Sans rien. L’incident semblait avoir été gardé sous silence par le couple qui commençait sa nouvelle journée le lendemain comme si de rien n’était.

La frustration que ressentait Matthias au fil des semaines et des mois n’avait cessé de croître à cause de son travail et il semblait constamment sur les nerfs, se montrant très souvent désagréable quand il rentrait chez lui. Le pire pour Rose – sa femme – était sans doute le fait qu’il ne se comportait pas tous les jours comme une ordure avec elle, que certains jours – ses bons jours – il ne la renvoyait pas chier à chacune de ses questions. Le fait de ne pas savoir sur quel pied danser était ce qu’il y avait de plus dur pour elle. La traductrice avait l’espoir qu’il soit aussi doux que l’homme qu’elle avait rencontré, mais en même temps, elle craignait qu’il ait passé une énième mauvaise journée et qu’il l’insulte, la rabaisse ou pire.

Elle avait passé plusieurs mois à marcher sur des œufs avec Matthias qui se montrait bien trop souvent agressif, grossier et insultant envers sa femme. Il lui arrivait de la repousser assez violemment, mais cela restait épisodique, du moins, pendant les premiers mois qui suivaient le premier soir où il avait levé la main sur elle. Mais au bout de ces quelques mois, les choses s’aggravèrent. Certaines de ses enquêtes étaient au point mort, des suspects qu’il avait traqué et attrapé se retrouvaient en liberté et tout cela ne faisait qu’augmenter sa frustration jusqu’à ce qu’il gifle sa femme sans aucune autre raison que celle d’en faire son exutoire pour cette soirée-là.

Les insultes, les humiliations et les gifles devenaient de plus en plus fréquentes, de plus en plus régulières sans que Rose ne porte plainte ou ne dise quoi que ce soit à part encaisser et subir. Tous ces abus allaient de pair avec les échecs de son travail et la frustration que cela engendrait chez Matthias qui était bien trop souvent en conflit avec ses coéquipiers qui se succédaient bien trop rapidement. La grande majorité de ces agents avaient demandé de nouvelles affectations, soit pour saisir une opportunité qui se révélait être une promotion ou bien tout simplement pour déménager. Matthias, lui, restait fidèle au poste pour plusieurs raisons. Au fond, il aimait ce qu’il faisait même si les mauvais côtés de ce boulot commençaient à devenir de plus en plus fréquents, mais aussi parce qu’il ne pouvait pas quitter de lui-même ce poste. Une question de fierté mal placée sans doute.

Puis il eut une nouvelle coéquipière. Emily Gunn. Légèrement plus âgée que lui, mariée, pas d’enfants, mais surtout, une façon de travailler très similaire à celle de Matthias. Agents Gunn et Deth. Ils adoraient se présenter de cette manière, souriant à chaque fois qu’ils le faisaient. Mêmes méthodes, mêmes mentalités, ils avaient tout pour bien s’entendre et ils s’entendaient plus que bien. Au-delà du travail, ils dînaient très souvent ensemble, à quatre. Emily et son mari, Matthias et sa femme. La mauvaise humeur et la frustration de l’agent s’en étaient allé, et même si Rose, sa femme, était toujours craintive, elle savait que les choses se passeraient mieux pour elle.

Si Matthias se sentait bien mieux, c’était parce que les choses se passaient bien mieux à son travail. Le premier coup de filet des agents Gunn et Deth fut l’arrestation d’une tête pensante d’un réseau de trafic de MDMA. Des mois d’enquêtes, d’interrogatoires, de planque, des dizaines d’arrestations de dealers et de consommateurs pour trouver le principal suspect poussant son caddie à la sortie d’un Walmart. Bien évidemment, il abandonna son caddie et commença à courir en entendant les agents tenter de l’interpeller. Il arrêta de courir quand le pare-chocs du SUV que conduisait Matthias entra en contact avec son bassin.

Un beau coup de filet comme celui-ci amenait un boost à l’égo des deux agents et une hiérarchie satisfaite. Même si les supérieurs de Gunn et Deth réprouvaient les méthodes parfois plus que limite du duo, elles restaient tolérées tant que cela pouvait leur rapporter des résultats sans leur attirer des problèmes. Cela passait par les violations de domicile à la recherche de preuves, des piratages de données personnelles, des mises sur écoute illégales, quelques menaces et intimidations ici et là, mais tout ça permettait au duo d’avancer, d’arrêter quelques grandes pompes – même si la majorité des personnes qu’ils mettaient derrière les barreaux n’étaient que des petites frappes – de se faire bien voir par leurs collègues, mais aussi d’avoir ce plaisant sentiment qu’était celui du devoir accompli.

Si les agents Gunn et Deth étaient coéquipiers et mariés, cela ne les empêchait pas de se décharger de toute la pression liée à leur quotidien en s’envoyant en l’air bien trop régulièrement. Généralement, cela se passait dans une chambre d’hôtel, parfois en voiture et une fois lors d’une perquisition pas réellement autorisée sur un lit parsemé de billets. Les deux amants arrivaient à se regarder dans le miroir chaque matin et à vivre avec leurs conjoints, après tout, ce n’était que pour se détendre, ils avaient été très clairs là-dessus après leur première entorse à leurs mariages.

Leurs aventures étaient plus ou moins fréquentes, parfois plusieurs fois par semaines, parfois aucun contact pendant un mois ou deux. Les années passèrent et Matthias et Rose essayaient d’avoir un enfant tandis qu’Emily et son mari divorcèrent. Ces deux évènements n’empêchèrent nullement les deux agents de s’envoyer en l’air comme bon leur semblait, même si cela devenait plus régulier et bien plus fréquent.

Mais toutes les bonnes choses avaient une fin, et même s’ils en avaient profité pendant quelques années, la relation entre Matthias et Emily se termina. L’agent Gunn fut victime d’un grave accident de voiture qui la plongea en état de mort cérébrale. Sa voiture n’avait pas pu éviter à temps le 4x4 qui arrivait bien trop rapidement face à elle. Un gamin d’à peine vingt ans, totalement alcoolisé était au volant et mort sur le coup.

Matthias était resté à son chevet bien plus longtemps que les propres parents d’Emily qui décidèrent de la débrancher plusieurs semaines après. Il vivait très mal cette perte, commençant à boire bien plus qu’à l’accoutumer et bien trop. Tristesse, colère et alcool ne faisaient pas bon ménage comme pouvait en témoigner Rose. Bien rapidement, les insultes et les coups recommencèrent à pleuvoir sur la pauvre traductrice avec une violence bien plus importante que ce qu’elle avait pu subir auparavant.

Si l’agent Deth avait repris son poste progressivement, se cantonnant à différentes tâches administratives, sa colère et sa tristesse ne s’atténuaient pas. Au contraire même. Tout lui rappelait Emily, et bien trop de choses lui faisaient regretter d’être encore ici, sur Terre. Certains auraient pu mettre sur le compte de la tristesse le fait que son travail était bâclé, comme d’autres auraient pu mettre sur le compte de la colère le fait qu’il frappait sa femme, mais en réalité, il se sabotait. Il se sabotait sans même en avoir conscience, souhaitant être mis à pied, viré, divorcé et seul. Il souhaitait tout perdre pour se complaire dans son malheur.

Ce qui arriva, mais pas comme il l’espérait. Rose ne demanda pas le divorce. Après presque deux mois à être victime d’abus, elle décida de mettre fin à ses jours. Ingérant une quantité astronomique de médicaments alors qu’elle était dans son bain, Matthias arriva bien trop tard pour la sauver. Sortant son corps nu et recouvert d’ecchymose sur le carrelage froid et humide de cette pièce, il ne pouvait plus rien faire à part appeler les secours, chose qu’il fit, mais même eux ne pouvaient rien faire.

Matthias était comme inconscient pendant les jours et semaines qui suivirent les événements. Complètement abasourdi par tout ce qui lui tombait dessus, il ne semblait qu’être un corps vide pour tous ceux qui le connaissaient. C’étaient d’ailleurs les parents de Rose qui avaient organisé l’enterrement. Si les collègues et amis de l’agent Deth pensaient que la perte de sa coéquipière et le suicide de sa femme l’avaient rendu complètement amorphe, ils n’avaient pas complètement raison. Le plus dur était la lettre qu’avait laissée Rose avant de partir.

Elle déclarait avoir découvert la relation qu’il avait eue avec Emily, mais qu’elle lui pardonnait. Qu’elle comprenait ses accès de colère et le fait qu’il se défoule sur elle et qu’elle lui pardonnait. Qu’elle avait fait le choix d’être avec lui jusqu’à la fin et de l’aimer jusqu’à ce que la mort les sépare. Elle lui expliquait qu’elle préférait partir tant qu’il l’aimait encore – ne serait-ce qu’un peu – plutôt que d’attendre qu’il la haïsse pour le choix qu’il avait fait, celui de l’épouser. Cette longue lettre semblait bien plus réconfortante pour Matthias qu’explicative, chose qui n’était guère étonnante quand on connaissait Rose et l’amour qu’elle portait pour son époux. Toujours gentille, bienveillante, aimante et compréhensive avec celui qui l’avait poussé dans les bras de la Faucheuse.

Matthias n’était rien de plus que l’ombre de lui-même, car il avait tué sa femme et le dernier geste de cette dernière envers lui était de lui pardonner et de tenter de le réconforter. Il considérait qu’il était l’auteur de la mort de sa femme. C’était l’une des premières choses qu’il déclara à la psychologue, qu’il était obligé de consulter pour pouvoir reprendre son poste à coups de deux séances par semaines où il évoquait sa relation avec son ancienne coéquipière, Emily, celle avec sa femme mais aussi et surtout celle avec lui-même.

Il se haïssait, se détestait, mais il ne s’infligeait ces souffrances que par procuration. Bâcler son travail pour le perdre, battre sa femme pour qu’elle le quitte… Son inconscient le poussait à souffrir et à se faire souffrir, il n'avait pas pu et ne pouvait pas quitter son travail de lui-même, il n’avait pas pu quitter sa femme, il n’arrivait pas à se tirer une balle dans la tête ou à se jeter sous un train. Non. Il ne le pouvait pas, il n’y arrivait pas et il n’y arriverait pas.

Matthias ne pouvait pas reprendre son poste à la D.E.A. La psychologue le jugeait inapte, un comportement borderline et autodestructeur bien trop prononcé qui ne pouvait mener à rien de positif. Il ne faisait plus parti des fédéraux, mais il s’en moquait. En réalité, il n’accordait plus d’importance à grand-chose si ce n’était rien. Sa psychologue l’avait obligé à se rendre aux alcooliques anonymes, même si l’obligation était relative, Matthias le fit sans rechigner, conseil de son père à qui il ne parlait plus réellement depuis son divorce. Assez hypocrite venant de la part de quelqu’un qui a trompé sa femme.

Matthias avait passé presque huit mois avec cette psychologue et il continuait toujours de se rendre aux alcooliques anonymes. Il avait bien travaillé sur ses penchants autodestructeurs, mais malheureusement, il avait trouvé comme seul remède à sa colère l’exutoire qu’étaient le sport et le tir. Sous les conseils de sa thérapeute, il abandonnait l’idée de revenir à la D.E.A. même si cela consistait pour lui un véritable échec. Si son orgueil s’en retrouvait meurtri, il savait qu’y retourner serait synonyme d’échec.

Les conseils de sa thérapeute et la perspective d’une vraie réussite l’amenèrent à commencer à travailler en tant que détective privé. Étonnement, il ne voyait pas ce changement de carrière comme un échec. Peut-être était-ce le fait d’avoir échangé bien souvent avec les Alcooliques anonymes sur ces sujets, et notamment avec des anciens flics, anciens secouristes, pompiers et ces professions qui généraient les mêmes problèmes que la sienne. Stress, anxiété, sentiment d’injustice, colère… Discuter avec eux de tout ça l’aidait beaucoup, il revoyait ces personnes régulièrement en dehors de ces réunions à tel point que certains étaient devenus de véritables amis.

Il était resté à Austin, ayant déménagé quelques mois après le décès de Rose pour vivre dans un appartement bien plus petit. Matthias avait commencé son activité en tant que détective privé travaillant principalement pour des avocats qui avaient besoin d’aide pour certains de leurs clients. Le trentenaire semblait équilibré pendant cette longue année à filer des conjoints infidèles, à passer des heures dans sa voiture sans la moindre compagnie, à encaisser des chèques bien trop importants pour les capacités qu’il avait…

Puis une nouvelle vint troubler ce quotidien. Fin mars 2034, c’était le jour où il maudissait encore et à nouveau les drogués qu’il haïssait tant, preuve que son engagement auprès de la D.E.A. était le bon et que condamner ces criminels en devenir était ce qu’il fallait faire comme le prouvaient les journaux télévisés avec les différentes attaques dans le pays qui n’étaient sans aucun doute rien d’autre que les effets d’une nouvelle drogue.

Mais plus les jours passaient, et plus Matthias devait faire face au fait qu’il avait tort. Cette horreur ne touchait pas uniquement les camés, mais bel et bien tout le monde et ravageait le pays. Si l’entraide en ces temps troubles était une nécessité, la réalité était bien décevante. Les gens s’enfermaient chez eux, s’armant pour défendre les quelques conserves qu’ils avaient stockés dans leurs placards. Certains pillaient, entraient de force dans des maisons encore habitées pour les cambrioler – dans le meilleur des cas – pour quelques bocaux ou tablettes de chocolat. C’était à se demander si dans les premières semaines, l’épidémie était la première cause de décès chez ce qu’il restait des hommes.

Par chance, Matthias vivait dans un quartier résidentiel au sud d’Austin et était moins exposé à tout cela. Il obtint l’information qu’un camp de réfugiés se formait à l’aéroport d’Austin, à l’Est de la ville. Si le trentenaire était réticent de s’y rendre dans un premier temps, son cruel manque de provisions l’avait poussé à revoir son jugement. La ville était en proie au chaos, et circuler était compliqué à tel point qu’il dut forcer le passage quelques fois ou trouver d’autres chemins, n'hésitant pas à passer en force avec son véhicule face aux décharnés.

Mais il y était arrivé. Un refuge de fortune dans cet aéroport bien trop grand pour être convenablement défendu. Des policiers, semblaient gérer le refuge, s’occupant de la sécurité, des nouveaux venus, recensant les différents individus pour savoir qui pouvait être utile et comment… Mais jour après jour, des dizaines et des dizaines de personnes arrivaient à tel point que le refuge dépassait facilement les deux cents survivants.

Il ne fallut qu’une semaine pour que la faim devienne bien plus inquiétante que les morts. Il y avait trop de monde et bien trop de personnes inactives. La confiance placée dans les forces de l’ordre face au chaos généralisé était bien trop importante et un semblant de révolte éclata. Certains avaient faim, d’autres étaient inquiets et beaucoup avaient l’esprit échauffé par toute cette situation. Matthias, lui, songeait à partir dès que possible. Le mécontentement général devenait trop important. A tel point que l’ancien agent craignait bien plus les vivants que les morts en ces lieux pourtant protégés.

Il avait échangé avec différentes personnes, et beaucoup d’entre elles souhaitaient partir vers l’Est. S’éloigner encore plus de la ville pour partir dans un camp à quelques kilomètres d’ici, loin des vivants, et donc loin des morts. Parmi ceux qui partaient, il y avait un bon nombre de célibataires, des personnes qui n’attendaient personne et qui n’étaient attendus nulle part. Des jeunes, des retraités, des secouristes, des chômeurs, des employés de bureau, et même quelques enfants accompagnés de leurs parents. Ils étaient quarante-sept à quitter les lieux, prenant la route avec une dizaine de véhicules après avoir récupéré leurs affaires qui se résumaient principalement à des outils et autres armes qui leur permettraient de se défendre face à la menace des morts.

Partis en début d’après-midi, arrivés en début de soirée, la route avait été compliqué, mais rien d’insurmontable, pas besoin de descendre de leurs véhicules ou autre. Si le camp Swift avait de nombreux bâtiments à proximité et donc potentiellement un bon nombre de marcheurs, ce n’était pas le cas pour l’un de ces camps d’entraînements qui semblait être un lieu appartenant à la garde nationale qui était totalement absente des environs. Il y avait des grillages, des baraquements pour loger tout le monde, un grand terrain dégagé pour avoir une bonne visibilité sur les environs, des miradors et un bon paquet de ressources vitales pour ce groupe.

Il n’y avait aucun de ces mordeurs à proximité, sans doute parce que la garde nationale était partie intervenir depuis un bon moment et qu’elle n’était jamais revenue ? Dans tous les cas, le groupe investissait les lieux. Le recensement des différents survivants, des ressources, mais aussi l’instauration de tours de garde étaient les priorités. Vinent ensuite les différentes excursions et préparatifs pour celles-ci. Où aller, quoi chercher, comment, avec qui, etc. ? Matthias sortait extrêmement souvent, car il était volontaire, mais aussi parce qu’il était armé et qu’il savait tirer tout comme il savait réagir en cas de situations compliquées.

Au bout d’une grosse dizaine de jours, l’eau courante et l’électricité ne fonctionnaient plus et le groupe dû trouver différentes solutions pour palier à ces différents problèmes. Si l’électricité n’était pas vitale en ces instants, l’eau l’était. Pour répondre à ce besoin, l’urgence était de récupérer des récupérateurs d’eau en espérant qu’il pleuve. Les sorties étaient quotidiennes, mais Matthias ne sortait jamais plus de trois fois par semaine. Ils étaient amenés à récupérer tout ce qui pouvait avoir une utilité, nourriture, armes, outils, nourriture, graines, animaux domestiques…

Chacun dans le groupe avait son rôle et contribuait au bon fonctionnement de cet endroit. Ils éliminèrent de nombreux marcheurs qui passaient à proximité de leur campement et encore bien plus quand ils sortaient en expédition. Matthias, qui était un bon tireur, en avait achevé un grand nombre. En quelques semaines à peine, le groupe avait une solution pour l’eau, rudimentaire, mais une solution quand même. Ils avaient de quoi alimenter quelques bâtiments en électricité, essentiellement pour conserver la nourriture fraîche, différents médicaments demandés par les personnes compétentes au camp, ils avaient de quoi produire de la nourriture, des graines, quelques animaux domestiques, une défense autour du camp, des lits pour tout le monde, des véhicules pour leurs différentes sorties… Mais ils avaient aussi perdu huit personnes depuis leur arrivée dans ce cas. Huit personnes décédées en extérieur alors qu’elles tentaient de récupérer du matériel pour le camp.

Cela ne faisait même pas deux mois qu’ils étaient là, et ils avaient déjà beaucoup d’appréhension sur l’avenir.
Equipement Porté :
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Accessoires Pratiques :
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Contenants Personnels :
N/A

Matthias Deth

Matthias Deth

Lun 21 Nov - 14:12
Quelle(s) zone(s) de l'État votre personnage a fréquenté ?
Résident dans le Sud d’Austin, Matthias s’est, dès les premières semaines, rapprochés d’un des principaux refuges dont il avait connaissance. Celui de l’aéroport Austin – Bergstorm International Airport. C’étaient les forces de l’ordre qui géraient cet endroit, accueillant tous les réfugiés possibles et faisant leur possible pour assurer la sécurité de tous.

Ils disposaient d’une très grande visibilité, de différentes protections grâce aux grilles de cet aéroport et de différents bâtiments à proximité qui leur avaient permis d’aménager les lieux avec efficacité. Des lits étaient installés, les entrées renforcées, les vitres barricadées… Mais la question des ressources était une véritable problématique. Les réfugiés se comportaient comme tels et en attendaient bien trop des forces de l’ordre qui ne rapportaient pas assez de nourriture, qui perdaient des effectifs et qui ne pourraient plus faire face au mécontentement général qui grandissait quotidiennement. Les lieux étaient trop importants pour être défendus convenablement avec le peu de personnes qui contribuaient réellement à cette sécurité.

Matthias avait rapidement quitté ce refuge avec un groupe d’une quarantaine de personnes pour un camp de la garde nationale, camp visiblement déserté et qui se trouvait à une vingtaine de kilomètres à l’Est de l’aéroport où ils se trouvaient auparavant. Dans les premières semaines et premiers mois, ils sortaient quotidiennement, dépouillant tout ce qu’ils pouvaient trouver et tout ce qui leur serait utile. Ils ne s’étaient jamais éloignés à plus d’une vingtaine de kilomètres de leur camp, privilégiant les petites villes comme Giddings, Bastrop ou même Lexington et ne retournant jamais à Austin.

Mais plus le temps passait, plus les excursions semblaient inutiles, compte tenu de la raréfaction des ressources qu’ils pouvaient trouver. C’était dans les premiers mois qu’ils perdirent le plus de membres, morts en service. Mais c’était dans cette période où ils trouvèrent le plus d’âmes errantes sur les routes, dans les maisons qu’ils fouillaient, dans les petites villes qu’ils fréquentaient, à tel point que la taille du groupe dépassa la soixantaine.

Matthias fut contraint de quitter ce groupe en mars 2035, se déplaçant vers l’Est, préférant éviter Austin. Suivant la 71, pour s’arrêter dans chacun des petites villes pour fouiller – cherchant sans grand espoir une quelconque trouvaille oubliée de tous – et se reposer. Au bout de trois jours de marche, il découvrit un message dans la ville de Colombus qui l’amena à rejoindre un groupe de survivants à proximité d’Eagle Lake. Le brun ne sortait que rarement du campement, comme les autres d’ailleurs, mais quand il sortait, que ce soit pour fouiller ou pour échanger, il se dirigeait toujours vers le Sud-Ouest, restant essentiellement sur la 77 jusqu’à Cuero qui était leur point d’échange avec un autre groupe qui se trouvait bien plus au Sud, dans un parc, à Pernitas Point.



Dans quel(s) groupe(s) votre personnage a-t-il évolué ?
- Refuge de l’aéroport Austin – Bergstorm International Airport = Le premier groupe rejoint par Matthias. Un refuge d’urgence créé de toute pièce par des membres des forces de l’ordre locales. Le groupe comptait plus deux cents personnes quand Matthias l’abandonna fin avril 2034 avec une quarantaine de survivants craignant pour leur vie en ces lieux.

- Camp Swift = Un camp de la garde nationale visiblement déserté qui avait pu accueillir les quarante âmes qui souhaitaient s’y établir et survivre. Il y avait un grand nombre de personnes seules, de célibataires. Peu d’enfants avec leurs parents, quelques seniors, mais surtout des personnes dans la force de l’âge et qui n’avaient pas envie de mourir à cause d’une mauvaise gestion d’un refuge. Pas d’agriculteurs, pas de militaires, pas de forces de l’ordre, quelques secouristes, mais surtout, beaucoup de personnes qui voulaient survivre. Lors de leurs excursions, ils réussirent à trouver quelques personnes, montant à la soixantaine le nombre de survivants au sein du Camp Swift malgré les pertes qu’ils avaient pu subir. Matthias fut contraint de quitter le groupe mi-mars 2035.

- Camp Eagle Lake = Le camp semblait être en plein milieu d’une carrière de matières premières destinés à la construction, mais c’était isolé du reste du monde, avec une réserve naturelle protégée à quelques minutes en voiture qui était leur principale source de nourriture. Ils n’étaient qu’une trentaine de personnes qui avaient investis les bâtiments industriels qui se trouvaient dans cette carrière, ou bien restaient dans des camping-cars ou des caravanes installés là. Il n’y avait pas d’enfants, quelques personnes âgées, mais essentiellement des artisans, des agriculteurs et des chasseurs. Là encore, pas de militaires ou de policiers, mais ils avaient un vétérinaire qui était le docteur du groupe.


- Camp Pernitas Point = Ce groupe était celui avec qui échangeait le groupe d’Eagle Lake, généralement se rencontrant à Cuero quand ils devaient échanger une fois par mois, sauf besoin exceptionnel. Ils n’avaient que peu d’informations concernant ce groupe, Matthias ne s’y étant rendu qu’une seule fois sans jamais croiser personne.



Comment votre personnage a vécu la seconde apocalypse ?
La première rencontre entre Matthias et un coureur s’était terminée par des lourdes pertes pour les membres du camp Eagle Lake. Le groupe en était sorti traumatisé, tout comme Matthias. Ils vivaient avec des certitudes sur les marcheurs et ce jour-là, ces certitudes avaient volé en éclats.

Si après cet événement, le groupe ne sortait que rarement, chaque expédition était millimétrée. Tous étaient armés de fusils et la règle d’or pour tout le monde était de tirer pour ne prendre aucun risque. Bien entendu, cela créait un nouveau problème. Celui des munitions. Au-delà de cette question de logistique, tirer allait faire du bruit, ramener d’autres marcheurs et cela provoquerait un effet boule de neige. Toutes ces interrogations, tout ce questionnement ne faisait rien d’autre qu’inquiéter le groupe encore plus.

Finalement, leurs sorties suivantes se firent de plus en plus rares et uniquement dans des zones où ils savaient ce qu’ils allaient chercher, un aéroport quand ils avaient besoin d’outils ou des entreprises de location de poids lourds quand ils avaient besoin de différentes pièces. A chacune de ces sorties, tout le monde avait au moins une arme à feu et la politique était de tirer pour ne prendre aucun risque. Les sorties pour chasser étaient aussi de plus en plus rares. Les rencontres avec le groupe de Pernitas Point étaient là aussi de plus en plus rares, uniquement lorsqu’ils avaient besoin d’échanger et que cet échange était vital.

Presque un mois après cette rencontre avec le coureur, le groupe de Pernitas Point les informa par contact radio qu’un autre camp de survivants avait été trouvé, entièrement décimé et qu’il n’avait subi aucun pillage ou vol. Il n’y avait que peu de rôdeurs dans ce campement ce qui intrigua le groupe de Pernitas Point. Cette menace n’était ni une horde, ni des vivants qui auraient pu attaquer un camp pour le piller. Le parallèle avec l’apparition récente des coureurs fut rapidement fait.

Les semaines passèrent, et deux chasseurs du camp disparaissent alors qu’ils étaient partis chasser de nuit. La question d’un potentiel prédateur du même ordre que les coureurs étaient sur toutes les lèvres au sein du groupe. Ils commencèrent à être bien plus prudents, à rester enfermés de nuit, faisant attention à ne pas attirer l’attention, à faire le moins de bruit possible.

L’inquiétude s’implantait dans les esprits encore sains, une simple graine qui amènerait anxiété, crainte et paranoïa dans le cœur des hommes. Et cela ne s’atténua pas lorsqu’ils échouèrent à contacter le groupe de Pernitas. Ils décidèrent d’investiguer sur place et ne découvrir rien d’autre qu’une poignée de rôdeurs. La vie avait été balayée et la peur s’insinuait tel un parasite chez Matthias et les autres. Tous étaient effrayés. Tous craignaient pour leurs vies.



Mentionnez des moments forts de la survie de votre personnage :
Joyce. C’était l’une des survivantes du camp Swift. L’une des premières arrivées avec Matthias, l’une des premiers membres de ce groupe qui avait – malheureusement – un peu trop évolué par la suite. Vingt-quatre ans, un sourire enjôleur, de belles boucles blondes et un optimiste inouï vis-à-vis de la situation. Il ne leur avait pas fallu plus d’un mois pour se fréquenter et partager le même lit. Si dans un premier temps l’ancien agent s’était laissé tenter par le simple plaisir de se décharger du stress – et pas que – il avait commencé à s’attacher au fil des jours, des semaines et des mois. L’empathie de la blondinette, son optimisme et son constant sourire rendaient la vie de Matthias bien plus simple chaque jour et il appréciait cela.

Maria. C’était une ancienne étudiante en commerce qui avait trouvé refuge au camp Swift quelques semaines après l’arrivée des premiers survivants comme Matthias et Joyce. La peau mate, les cheveux sombres, des yeux noisette et la volonté de mettre la main à la pâte pour mériter sa place. Son corps fut découvert le 13 mars 2035, aux pieds du mirador qui servait à ceux qui montaient la garde. T-shirt déchiré, pantalon et culotte aux chevilles, du sang sur le bout de ses doigts à la main droite, au niveau de sa bouche et de ses narines et des marques au niveau de son cou laissaient penser à un étranglement. C’était le cri de Joyce qui avait alerté tout le monde, y compris Matthias qui avait pris les choses en main, ordonnant à certains de la rhabiller, à d’autres de fouiller les alentours, les stocks, de vérifier s’il n’y avait pas d’autres victimes… L’ancien flic n’avait pas réfléchi. Il avait pris les commandes instinctivement.

David. C’était l’homme qui était censé prendre le tour de garde à la suite de Maria ce jour-là. La trentaine, un brin bedonnant, ancienne télévendeur dans les assurances, c’était la seule personne manquante dans le groupe après la découverte du corps de Maria. Matthias avait mené la traque, suivant les corps de marcheurs à proximité du camp et qui n’étaient pas du fait des survivants du camp. David était à pied et il fut rapidement rattrapé. L’ancien agent de la D.E.A. l’avait pointé avec son arme directement, mais David n’était pas un rebelle. Il leva ses mains quasi-instantanément. Alors qu’il s’approchait de ce dernier, Matthias découvrit une marque de griffure sur le visage du violeur, une marque qui coïncidait parfaitement avec le sang retrouvé sur le bout des doigts de Maria. Le brun lui posa une question. Une seule. Et David répondit. Il se confondait en excuses, bégayant, implorant pour sa vie, mais dès qu’il répondit à la question de Matthias, dès qu’un simple oui était sorti de sa gorge, après moult pardons, un seul son retentit. Celui de l’arme de Matthias qui venait de prendre la vie du criminel.

Stephen. C’était l’un des deux accompagnateurs de Matthias dans sa traque. C’était le témoin de la rage et de la haine folle de l’ancien agent. C’était aussi celui à qui on ordonna de récupérer les affaires du criminel avant de rentrer à leur abri. Si le peintre en bâtiment avoisinant la cinquantaine semblait être un dur, en ces instants-là, il n’avait pas dit un mot. Personne ne pouvait l’en blâmer, il était choqué par ce qui était arrivé à cette pauvre gamine qui aurait pu être sa fille, mais il était aussi effrayé par ce qu’avait montré Matthias qui était devenu juge, juré et bourreau en un seul instant. Il avait obéi sans rechigner, sans dire un mot, récupérant les quelques effets de David avant de remonter dans leur voiture pour rentrer chez eux. Mais si Stephen ne disait rien, il n’en pensait pas moins.

Josh. C’était le troisième membre du convoi dont Matthias avait pris la tête. C’était aussi un étudiant en psychologie qui aimait jouer de la guitare et discuter dès qu’il en avait l’occasion. Mais il s’était tu pendant toute la durée du trajet. De leur départ jusqu’à leur arrivée. Mais dès qu’ils étaient rentrés, il prit à partie Stephen pour parler avec lui de ses craintes et de ses appréhensions. Le peintre en bâtiment partageait celles-ci avec Josh, puis, une autre personne du campement les partageait elle aussi, puis une autre, puis une dizaine, vingt, trente… Et cette majorité de survivants prépara un sac qu’elle déposa devant l’entrée de leur abri avant d’inviter Matthias à les rejoindre. Trop de monde était effrayé par ce dernier, par cette exécution si froide, par ce meurtre et par tout ce qu’il était capable de faire à présent. Alors qu’il était face à ces grilles, insultant avec véhémence toutes ces personnes, déclarant qu’ils étaient incapables de faire ce qu’il avait fait, qu’ils allaient tous mourir sans lui ainsi que tout un tas d’oiseaux, il s’arrêta une seconde, laissant son regard se poser sur Joyce en larmes pour lui demander de venir avec lui. Chose qu’elle refusa. C’était à cet instant que Matthias entra dans la rage la plus intense de toute sa vie. La violence verbale avec laquelle il frappait Joyce était inimaginable. Chaque mot avait pour but de la blesser, de l’humilier, de l’injurier… Et c’était réussi. La petite blondinette fondait en larmes et s’était même enfuie pour ne plus l’entendre. C’est sur ces mots doux que Matthias les quitta – contre son gré – armé de son fusil d’assaut et avec un sac sur le dos comportant assez de nourriture pour quelques jours.

Paul. C’était un mécanicien, avoisinant la soixantaine et porteur de la plus belle calvitie du groupe d’Eagle Lake que Matthias avait rejoint quelques mois plus tôt à la suite de son exil forcé du camp Swift. Ils sortaient régulièrement, dépouillant les véhicules encore en état dans les embouteillages présents à proximité. Freins, pneus, batteries… Tout ce qui était récupérable et qui pouvait être utile. Bien entendu, ils avaient tous les outils nécessaires pour ces sorties. Le groupe était arrivé à cinq, Paul, Matthias et trois autres hommes qui s’y connaissaient un peu. Matthias, lui, n’y connaissait pas grand-chose, mais il était sur le toit de leur fourgon – arme en main – observant ses alentours en cas de danger. Quelques marcheurs – une petite dizaine – approchaient. Assez loin et trop peu nombreux pour que Matthias ne daigne à utiliser ses munitions. Il avertit ses compagnons en sifflant pour les prévenir et tous se mirent à arrêter ce qu’ils étaient en train de faire pour s’armer. Couteau, hache, pied de biche, batte de base-ball… Ils étaient équipés en conséquence. Paul s’avança pour frapper l’un des marcheurs avec son pied-de-biche, mais ce n’était pas un marcheur. C’était le tout premier coureur et le dernier qu’il rencontrerait. Sans savoir ce qui lui arrivait, le mécanicien tomba à la renverse et l’infecté avait déjà commencé à le mordre au niveau de la gorge. L’attaque avait été bien trop rapide pour que Matthias puisse répliquer. Pointant son canon vers la créature, l’ancien agent visa la tête du coureur et tira une balle. Si le coureur avait eu un léger mouvement de recul, lié à l’impact de la balle, il n’était toujours pas à terre, au contraire, il se rua sur un autre des survivants. À cet instant, Matthias n’eut pas d’autre choix que de recommencer à tirer. S’il cherchait à viser la tête du coureur, il fallait avouer qu’il était plus que difficile que de réussir à faire mouche à chaque instant. Il ferma son œil gauche et tirait, chaque balle une par une. Matthias avait tiré une dizaine de balles et ne l’avait touché à la tête que trois fois alors qu’il était loin d’être un mauvais tireur. Trois balles dans la tête, c’était ce qu’avait utilisé Matthias pour tuer cette abomination qui avait massacré deux personnes du groupe. Il élimina les autres marcheurs qui convergeaient avant de partir avec les deux autres personnes encore vivantes. C’était la première rencontre de Matthias avec un coureur.

Stan. C’était l’homme de Pernitas Point qu’ils contactaient régulièrement pour échanger des informations, se rencontrer afin de faire du troc… Mais c’était aussi celui qui les avait avertis qu’un autre campement de survivant s’était fait totalement dévaster du jour au lendemain sans trace de passage de horde ou de pillards. C’était aussi celui qui avait arrêté de donner des nouvelles au groupe d’Eagle Lake, les inquiétant fortement, à tel point qu’une bonne partie d’entre eux étaient partis enquêter sur site, ne trouvant rien d’autre qu’un camp sans vie avec quelques rôdeurs ici et là, quelques rôdeurs qui ressemblaient fortement aux survivants de Pernitas Point qui s’occupaient des échanges quand ils se rencontraient. Frappés sans doute par le même mal qui avait décimé l’autre campement évoqué par Stan quelques temps plus tôt.

Mike. C’était un agriculteur dans la quarantaine, roux, cheveux longs et qui portait toujours une salopette. Matthias se demandait d’ailleurs si c’était toujours la même salopette ou non. Mais Mike était aussi le propriétaire et le seul occupant de la caravane qui se situait le plus à l’Ouest du campement qui se trouvait en plein milieu tous ces points d’eau qui s’apparentaient à des marécages. C’était aussi le premier à mourir de cette attaque en plein hiver. Sans doute en plein milieu d’une sieste, ou de toute autre activité ne nécessitant que « Mary » – sa main droite – il fut réduit en bouillie quand le pare-buffle fait main d’un bus traversa cette même caravane. Ce bus était le premier d’une dizaine d’autres véhicules qui arrivaient à vive allure dans le campement. Des tirs d’armes automatiques et des explosions se faisaient entendre depuis l’Ouest du campement, ils semblaient se rapprocher de la position de Matthias qui était avec une grande majorité du groupe, dans cet ancien entrepôt en tôle qu’ils avaient aménagé. Il agrippa son arme et sorti du bâtiment par l’Est, découvrant le bus et les nombreux canons d’armes sortis par les fenêtres qui tiraient sur absolument tout, il découvrait aussi les nombreux pick-ups et 4x4 qui suivaient le bus dans son sillage. C’était une véritable attaque massive et ils semblaient bien plus nombreux.

Fiona. C’était le nom de cette professeure de danse qui était la première à avoir rejoint un véhicule avec ses clés. Elle avait sauté sur le siège conducteur, démarrant cette dernière et attendant que d’autres personnes les rejoignent comme Karen, Benjamin ou bien Mia. Matthias s’était installé sur le siège passager, fermant sa portière avant de chercher du regard ses trois comparses courir en direction de la voiture. Trois… Puis deux quand Karen tomba au sol, à quelques pas du véhicule. Benjamin hurla, sortant la tête de la voiture pour tenter de la rejoindre quand une rafale atteignit la Chevrolet, explosant le pare-brise arrière. Quelques balles frappèrent de plein fouet le tableau de bord, passant à quelques centimètres de Matthias qui hurla à Fiona de démarrer.



Qu'est-ce que votre personnage a fait pour survivre ?
Matthias ne pouvait pas survivre seul, il le savait. Il avait dû faire d’énormes efforts au niveau social pour ne pas se faire rejeter par les communautés qu’il avait rejointes. Mais étonnement, ces efforts étaient assez simples à fournir compte tenu des nombreuses sorties qu’il effectuait dans les premiers mois, mais aussi grâce aux gardes qu’il effectuait pour surveiller les environs. À chaque fois qu’il devait éliminer un marcheur, il le faisait. Il était beaucoup moins frustré et donc bien moins agressif depuis la fin des règles inhérentes à la civilisation, ces mêmes règles qu’il ne pouvait pas transgresser auparavant, ces mêmes règles qui menottaient ses réactions. Ce n’était plus le cas aujourd’hui, et bien heureusement. Cependant, l’épisode avec David avait montré que le brun pouvait encore être sensible à cette frustration quand les codes moraux de ses comparses étaient différents des siens et qu’ils lui en tenaient rigueur, à tel point qu’il n’hésitait pas à déverser sa rage et sa haine sans la moindre retenue.

Au-delà de l’entente dans les groupes, il devait prouver son utilité, ne pas être une énième bouche à nourrir. Si Matthias n’avait pas de réelles compétences pour chasser, cultiver, élever des bêtes, renforcer les murs, réparer des véhicules ou autres. Il était un bon tireur, savait analyser les menaces et s’en charger avec efficacité. Il se montrait extrêmement proactif quand il était de sortie pour que ses compagnons d’infortune se persuadent qu’ils avaient besoin de lui, que lui seul pouvait les ramener en toute sécurité chez eux. Matthias ne craignait pas de se salir les mains, bien au contraire. Quelqu’un devait le faire, et si personne ne le souhaitait, c’était Matthias qui s’y collait.

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Matthias Deth

Matthias Deth

Mar 22 Nov - 18:38
Récit d'Arrivée à Houston

Alors que les balles frappaient le tableau de bord, Matthias se jeta en avant, la tête sur les cuisses de Fiona alors qu’il criait.

« DÉMARRE, DÉMARRE, DÉMARRE !!! »

Karen n’avait pas pu rentrer dans le véhicule à temps. Elle tomba sous les tirs ennemis. Ennemis ? L’ancien flic n’avait aucune idée de qui étaient ces gens, et il savait malheureusement pourquoi ils étaient là. Un pillage de ressources en bonne et due forme. La tête de Matthias resta baissée, ses yeux restaient fermés alors que Fiona accélérait, dépassant la sortie Est de la carrière. Les tirs dans leur direction semblaient s’être arrêtés dès qu’une centaine de mètres fut parcourue.

« Putain… Ils nous suivent ! »

Sur ces mots prononcés par Benjamin qui se trouvait à l’arrière, Matthias releva la tête, son regard s’arrêtant sur le jeune homme qui saignait au niveau de la tête avant de fixer le pick-up qui les suivait. C’était un pick-up blanc qui tenait l’allure avec à son bord un conducteur et un passager. La dextre de l’ancien agent se saisit de son fusil d’assaut, calant ce dernier contre la base de l’appui-tête de son siège.

« Baissez vos têtes. »

Il ferma son œil gauche, attendit que Benjamin et Mia baissent leurs têtes avant de presser la détente. Une seule balle partit, frappant le pare-brise avant du pick-up qui les poursuivait, passant à une dizaine de centimètres du conducteur qui semblait légèrement ralentir. Il tira à nouveau, quatre ou cinq fois. La rafale lâchée toucha le capot de leur véhicule à l’exception de la dernière balle qui passa à nouveau à travers le pare-brise, entre leurs deux poursuivants qui semblaient perdre du terrain.

Matthias prit une grande inspiration avant de se retourner. Fiona roulait vite et il n’avait pas échappé à ces ordures pour crever dans un accident de voiture. Il remettait la sécurité sur son arme avant d’attacher précipitamment sa ceinture. Les chances pour qu’il élimine ces salopards étaient bien trop faibles pour qu’il gaspille encore des balles alors qu’il n’avait aucun autre chargeur. Le brun ferma les yeux, expirant lentement par la bouche avant d’inspirer, remplissant ses poumons bruyamment. Il ne devait pas penser à ce qu’il venait de se passer, il n’avait pas le droit. Il devait rester concentré pour Fiona, Benjamin et Mia. Si une erreur était commise, tous en pâtiraient. Matthias était le seul à pouvoir les garder en vie. Le seul à les empêcher de mourir avant qu’ils n’atteignent cette foutue Safe Zone en bordure de Houston. D’un rapide coup d’œil derrière lui, il repéra le véhicule au loin qui les suivait toujours alors que Fiona étouffa un juron.

« Chier. Accrochez-vous ! »

Matthias ouvrait grand les yeux, s’enfonçant dans son siège alors qu’il fixait l’embouteillage qui bloquait une grande partie de la route. Fiona ralentissait sans freiner, le capot de leur voiture fixait un léger passage entre un bâtiment et un fourgon renversé.


Les râles des marcheurs arrivaient jusqu’à ses oreilles avant qu’il n’ouvre les yeux avec difficulté, voyant l’airbag face à lui se dégonfler. Il tourna la tête sur sa gauche. La tête de Fiona était sur le tableau de bord, sous le pare-brise totalement fissuré, mais encore entier. Sa comparse semblait se vider de son sang au niveau de sa tête, l’hémorragie n’était pas près de se stopper, et à part deviner que c’était grave et qu’elle avait besoin de soins médicaux d’urgence, Matthias ne pouvait rien faire d’autre.

De la fumée blanche – tirant sur le gris – s’échappait du moteur bloqué entre ce foutu fourgon et ce petit immeuble. Sa dextre glissa le long de sa ceinture de sécurité jusqu’à arriver à sa boucle. Son pouce pressa le bouton pour s’en libérer avant de tenter d’ouvrir la portière qui était complètement bloquée par l’autre véhicule. Il tourna la tête derrière lui, vers ses deux comparses qui semblaient – eux aussi – se remettre du choc.

« Sortez ! Vite ! Les rôdeurs arrivent ! »

Mia et Benjamin réussirent à ouvrir leurs portières, mais semblaient sonnés. Matthias attrapa son arme qui était à ses pieds avant de passer par-dessus l’accoudoir pour rejoindre l’ancien siège de Benjamin qui venait tout juste de quitter le véhicule et qui était rejoint par Mia. Prenant une grande inspiration alors que les râles des rôdeurs se faisaient plus proches, mais aussi plus nombreux, le trio entendit un crissement de pneus, celui du pick-up blanc qui les suivaient depuis tout à l’heure.

Chaque battement de cœur de Matthias faisait vibrer son corps alors que son index droit venait retirer la sécurité de son arme. Le monde semblait ralenti, à moins que ce n’était l’adrénaline présente dans les veines de l’ancien agent qui lui donnait cette impression ? Il gardait ses deux yeux ouverts, contrairement aux moments où il était certain de n’avoir qu’à tirer, car ici, les menaces étaient multiples et il ne pouvait pas se permettre de se laisser surprendre par un mort arrivant derrière lui. Sa bouche s’entrouvrit, il expira lentement alors que le réticule de son optique s’orientait vers le passager du pick-up qui sortait du véhicule.

Il pressa la détente, envoyant une rafale au niveau de l’estomac de sa cible. Trois balles qui firent mouche. Il fit légèrement pivoter son arme en direction du conducteur qui était déjà sorti du véhicule et qui les visait. Ce dernier eut le temps de tirer quelques balles qui atteignirent Benjamin au niveau du mollet gauche. Avant que Matthias n’ait eu le temps de tirer, un coureur s’abattit sur le conducteur du pick-up. Si la première réaction de Mia était d’aider son ami Benjamin à se relever, celui de Matthias était de jeter un œil en direction de Fiona, toujours inerte dans le véhicule alors que les rôdeurs convergeaient vers sa position.

D’un pas rapide, il vint se placer à la droite du blessé pour l’aider à avancer, le laissant poser son bras par-dessus son épaule. Matthias prit une grande inspiration tandis que ses yeux glissaient ici et là, observant les différents rôdeurs qui s’approchaient lentement, mais sûrement. Le brun savait que Benjamin – blessé au mollet – serait un poids, mais son orgueil l’empêchait de voir l’échec, il se persuadait qu’il pouvait le sauver lui aussi, tout comme il s’était persuadé qu’il pouvait sauver tout le monde, comme Fiona qui était soit morte dans l’accident, soit en train d’être dévorée vivante.

Personne ne parlait. Mia respirait bruyamment et Benjamin grognait, mais personne ne disait un seul mot. Les morts s’approchaient lentement et ils devaient s’éloigner le plus vite possible du coureur qui était en train de dévorer le conducteur du pick-up qui était tombé en silence. Le trio n’avait pas entendu de hurlements ou autre. Ils avançaient, lentement, bien trop lentement pour semer les marcheurs. C’était au moment où Matthias pensait cela qu’un des rôdeurs commença à courir vers Mia, l’attrapant par le dos et la projetant à terre, le visage contre l’asphalte, entrainant Benjamin l’éclopé dans sa chute alors que l’ancien flic s’était décalé d’un pas sur le côté, n’apportant pas assistance à son comparse qui tombait – à son tour – au sol.

C’était la dernière vision qu’avait Matthias de Mia et Benjamin. L’une hurlant de douleur, tendant sa main dans sa direction, se faisant dévorer tandis que l’autre était au sol, le visage en sang, pétrifié par la peur et incapable de bouger. C’était la dernière image qu’il avait de ce groupe qui l’avait recueilli. Le dernier souvenir qu’il avait d’eux était ce cri aigu de Mia qui hurlait son prénom telle une possédée, recouvrant à peine les râles d’agonie du pauvre Benjamin.

Il avait échoué. Il n’avait même pas pu en sauver un seul, lui qui estimait être la seule personne capable de cela, il n’avait même pas pu en sauver ne serait-ce qu’un seul. Pitoyable. Il était pitoyable et rien d’autre. Il cachait ses vices sous de fausses vertus, les exhibant au grand jour pour être aimé, pour être nécessaire ou encore même vital aux autres, mais en réalité, il n’était rien de plus qu’un grain de sable dans ce désert qu’était ce monde chaotique. Identique aux autres et incapable d’avoir un impact – même insignifiant – sur la destinée de ceux qui l’entouraient.

Matthias serrait les dents, fronçait les sourcils, maintenait fermement son arme tandis qu’il commença à sprinter, se frayant un passage dans les rues de Rosenberg jusqu’à trouver un axe routier qui se dirigeait vers l’Est, la 59, jusqu’à ce qu’il soit obligé de suivre la 6.

Par chance, il ne croisa que des marcheurs jusqu’à Dewalt, marchant la majorité du temps et courant en bonne foulée pour abandonner les différents marcheurs qui le suivaient. Alors qu’il arrivait à Dewalt, la nuit approchait à grands pas, et il dut trouver un abri. Une simple maison avec un étage dans laquelle il se réfugia. Barricadant l’étage, puis la porte de la chambre et enfin, la porte de la salle de bain dans laquelle il dormait, allongé dans la baignoire, tiraillé par la faim, la soif et le froid.

En tendant l’oreille, il avait pu entendre à certains moments quelques grognements indistincts alors qu’il tremblait de froid et ne s’endormait uniquement à cause de la fatigue qui le poussait dans les bras de Morphée. Quand il décida de sortir de la salle de bain, il n’entendit aucun rôdeur, aucune de ces supplications infernales. Il retira les barricades de sa chambre de fortune avant d’observer le ciel par la fenêtre brisée de l’étage. Les légers nuages l’empêchaient de trouver le soleil, laissant Matthias dans l’incertitude concernant son départ, mais la faim, la soif, le froid et la perte tragique de ses camarades le poussaient à prendre ce risque.

Il retira cette commode qui bloquait la porte de l’étage avant de descendre lentement, veillant à faire le moins de bruit possible, conservant son arme en main, sécurité retirée. Ses bottes vinrent claquer l’asphalte bien rapidement alors qu’il se décidait à trouver cette Safe Zone. Il marchait pendant des heures, alternant avec une course rapide pour semer les marcheurs et simple marche quand ils ne représentaient pas une réelle menace.

Mais à la quatrième fois qu’il abandonnait la marche pour courir, il remarqua qu’un de ces rôdeurs n’avait aucune envie de le laisser s’enfuir. Un coureur l’avait pris en chasse. Cependant, Matthias n’avait aucunement l’intention d’effectuer un baroud d’honneur. Il était affamé, épuisé, assoiffé et complètement enragé.

Le coureur était à une grosse dizaine de mètres et s’il représentait sans doute une menace trop importante pour que Matthias lui fasse face, il n’hésita pas une seconde à se retourner, arme à l’épaule et à diriger le canon vers la tête de cette horreur, pressant la détente. Son fusil d’assaut crachait les balles sans compter. L’ancien agent des stups ne visait pas, à cette distance, il aurait perdu du temps et n’aurait pas gagné en précision. Il tirait au jugé sur ce coureur qui était quasiment sur lui. Matthias ne rata pas son coup. Il vida son chargeur, la vingtaine de balles qui restait était partie. Si la première avait fait mouche, elle ne l’avait pas achevé, cependant, le pouvoir d’arrêt de son arme lui permit d’avoir deux ou trois balles qui frappèrent au même point pour traverser sa peau durcie afin d’aller désintégrer son cerveau.

Si marcher ou trottiner dans les rues texanes pouvait attirer quelques rôdeurs, le fait de tirer au fusil d’assaut une vingtaine de balles dans un grand axe allait en attirer plus d’un. Matthias resta immobile, ses iris fixés sur le cadavre face à lui. Il le toucha du bout de son canon avant de voir du coin de l’œil quelques silhouettes traverser les jardins de ce quartier résidentiel. Ils étaient nombreux, beaucoup trop nombreux. Il reprit sa course vers l’Est, donnant un coup de crosse à un marcheur bien trop proche qui s’était mis en travers de sa route. Déséquilibré par ce coup donné, Matthias tomba au sol, lâchant son arme pour se protéger avec ses coudes.

Il se releva rapidement tandis que les morts convergeaient vers lui. En un sprint rapide, il réussit à passer cet encerclement qui n’avait cessé de se refermer sur lui-même. Les poumons en feu, le sang coulant sur son visage, l’estomac vide, le regard vide et le cœur lourd, il continua d’avancer le long de la 45 jusqu’à ce qu’il aperçoive cet immense mur.

Matthias était exténué, sa bouche était sèche, le froid tiraillait son corps, il n’avait pas pu prendre le temps de regarder la blessure qu’il s’était fait en tombant à la tête, il était désarmé et surtout, il était seul. Si la première fois qu’il s’était retrouvé seul depuis la déchéance du monde, il avait réussi à survivre, c’était uniquement grâce à son orgueil démesuré et à la haine qu’il éprouvait envers le groupe du camp Swift pour l’avoir banni alors qu’il n’avait fait que le nécessaire pour le bien de tous. C’était cette haine qui l’avait poussé à ne pas perdre espoir, à se jurer intérieurement qu’il allait revenir un jour pour les retrouver rôdant et grognant, transformés en marcheurs. Il s’était juré qu’il les retrouverait, les bras ballants, tandis que lui, lui, serait là, bien vivant, à les regarder errer. Il ne pouvait pas mourir avant eux. Certainement pas.

Mais en cet instant, c’était différent. Il n’avait tout simplement rien pu faire pour les aider, ou plutôt, il n’avait rien fait pour les aider, car il avait choisi de ne pas se mettre en danger pour eux. Il aurait pu sortir Fiona de la voiture et la porter sur ses épaules ou bien porter Benjamin, voire repousser ce coureur qui s’était jeté sur Mia pour lui tirer dessus avant qu’ils ne repartent tous ensemble… Mais il n’avait rien fait de tout cela. Il avait gardé ses balles et était parti. Seul.

Mais il était là. Vivant.


Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Matthias Deth

Matthias Deth

Mer 23 Nov - 1:02
Bonsoir, je pense avoir terminé ma fiche !
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
 Matthias Deth Debuba11139/1200 Matthias Deth Videba10  (139/1200)
Etat Mental:
 Matthias Deth Debuba100/100 Matthias Deth Videba10  (0/100)
Crédits:
 Matthias Deth Debuba140/1000 Matthias Deth Videba10  (0/1000)
Réputation:
 Matthias Deth Debuba170/500 Matthias Deth Videba10  (0/500)
Informations scénaristiques:
Blessures:
Tatouages:
Cicatrices:
Kyle Collins

Mer 23 Nov - 9:15
Salutation à toi Matthias, et à nouveau bienvenue dans le coin.
Nous allons jeter un œil à ta fiche et tu auras un retour rapidement.
A très vite !
Equipement Porté :
Capacité : 1/7
- Mark III 13C 9mm
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : 9mm
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/3
Harley 4/4
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
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