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Forum JDR post-apocalyptique dans un monde contemporain alternatif en proie aux zombies, à des créatures pires encore ainsi que des événements surnaturels.
 

Rebecca Cooper
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Rebecca Cooper


Fiche de personnage
Points de RP:
 Rebecca Cooper Debuba1151/2000 Rebecca Cooper Videba10  (51/2000)
Etat Mental:
 Rebecca Cooper Debuba1075/100 Rebecca Cooper Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Rebecca Cooper

Mer 16 Mar 2022 - 13:03
Fiche d'identité
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Prénom(s) : Rebecca

Nom : Cooper

Né(e) le : 11/11/2003

À : Fresno, Californie

Métier : Dresseuse animalière pour le cinéma

Particularité(s) :  Aucune

À-propos

Thème musical :


Feat : Elizabeth Olsen
Type : Survivant

Description physique

Mesurant 1m68, Rebecca est une jeune femme à la physique somme toute ordinaire. Pas vraiment sportive, elle n'en reste pas moins une personne, qui par les besoins de sa profession, lui offre certaines facultés dynamiques. Pour autant, elle ne sera pas capable de prouesse remarquable, misant davantage sur son endurance avant toute chose au besoin.

Ses jambes ne sont pas pourvues de caractéristiques particulières, ses hanches sont larges et sa taille pas bien marquées, ce qui pourrait lui donner un aspect bien plus rond que le dictat des mannequins ou autres femmes plantureuses. Elle pèse en outre près de soixante kilos. Son fessier est assez plat, ou du moins sans un bombé harmonieux, ce qui accentue d'autant plus cet aspect. Même sa poitrine ne lui offre pas d’immense fierté, bien que naturellement bien dessinée, elle reste dans la moyenne ordinaire. Tout ceci fait probablement que son physique brut n'a rien de vraiment extravagant, tandis que son plus grand charme se place dans les modestes galbes de son visage.

De forme arrondie, ce dernier lui donne un petit minois mutin et malicieux, si bien qu'elle eut beaucoup de mal à faire admettre sa majorité lorsqu'elle était plus jeune, et continue à paraître un tantinet moins que son âge - encore que les plis de ses paupières et de ses traits par l'excessive dureté du nouveau monde aient sans doute revu tout ceci. Elle a longuement eu peur de ne jamais être prise au sérieux durant la difficile période où elle tentait de se faire accepter en tant que véritable professionnelle et non plus comme la "fille de..." ce qui a été un interminable et ardu combat en cause de ce physique enfantin.

Elle possède de grands yeux vert foncé tirant vers le ton noisette par temps sombre ainsi qu'un nez mince, rectiligne, et sensiblement court encadré par deux pommettes bombées. Sa lèvre supérieure est assez fine et pas vraiment dessinée là où l'inférieure adopte un peu plus de volume, rendant une agréable harmonie à l'ensemble, et accentuant son aura juvénile lorsqu'elle adopte ce léger tic facial en pinçant l'ensemble entre ses dents.

Ayant grandi sous le soleil de Los Angeles, son teint est toutefois resté assez blanc, sans doute dû à un paternel surprotecteur qui la tartinait de crème solaire, hiver comme été, ce qui ne tranche pas particulièrement avec sa longue chevelure châtain clair, presque blond lors de lueur excessive. Sa peau est clairsemé de petits grains de beauté généreux en nombre un peu partout sur son corps. La fatigue fait apparaitre de longs sillons entre son nez et ses joues, qui se creusent davantage lorsqu'elle sourit, chose devenu si rare qu'elle ne se souvient plus vraiment de la dernière fois où cela est arrivé.

Ses mains et ses avant-bras sont clairsemés de petites cicatrices un peu plus foncées que la tonalité usuelle de son épiderme, résultant de blessures acquises lors des périodes de dressage avec des animaux particulièrement difficiles, ou parfois même quelques erreurs d'inexpériences. Pour autant, ses mains restent douces et sans rugosités, bénéfice des crèmes de soin dont elle se badigeonnait et frictionnait allègrement, même si l'apocalypse s'évertue à en inverser la vapeur. Elle ne possède aucun tatouage, ni aucune immense cicatrice de trop lourdes blessures, seulement les marques d'une survie rude, comme tout ceux qui ont su resté en vie jusqu'ici.

Depuis d'ailleurs, elle coupe ses ongles toujours très courts afin qu'ils ne soient pas une gêne et attache ses cheveux, d'ordinaire long et raide, en un chignon rapide et parfois négligé, qui est davantage pratique qu'esthétique, faute à une ancienne frange autrefois entretenue qui peine désormais à rattraper la longueur de ses autres mèches. Le tout est qu'ils tiennent en toute circonstance et par tout intempérie. Elle n'a jamais pu se résoudre à les couper plus court que la hauteur de ses épaules, même si la nécessité le voudrait, par nostalgie sans doute.

Description psychologique

S’il y a bien une chose que l’apocalypse lui as appris, c’est que Rebecca est une femme bien plus dépendante des autres qu’elle l’aurait imaginé. Bien trop liée à la manière dont elle a été élevée, surprotégée par un homme terrifié à l’idée de perdre la deuxième femme de sa vie, elle ne s’est jamais véritablement émancipée. La seule détermination de se détacher un tant soit peu de son paternel était pour acquérir sa propre image de marque en tant que professionnel dans le monde du cinéma et sortir du carcan de "fille de.." Quand bien même la réputation de son nom dans le milieu était déjà bien installée. Elle avait la volonté de montrer qu’elle était aussi passionnée et capable que son père, mais c’était finalement qu’une façade : les Cooper, père et fille, travaillaient presque exclusivement ensemble et c’était un duo qui marchait très bien.

Et puis, dans le fond, elle se complaisait à être ainsi veillée. C’était si ancré dans son caractère, qu’elle se préoccupait davantage de savoir si un homme allait convenir à son père, avant même de savoir s’il lui plaisait à elle. Et puis le nouveau monde a débarqué, avec son lot d’épreuves consécutives à franchir, accumulant les pertes jusqu’à celle de Ray, qui fut sans doute la plus tragique pour elle. Jamais alors elle ne s’était sentie si seule, ne sachant plus quoi faire sans cette aile veillant sur son bien-être. À force d’être défendue, elle n’avait finalement jamais appris à le faire d’elle-même et se ressentit très rapidement désarmée en pleine apocalypse.

Ce fut un bouleversement si grand qu’elle ne parvenait plus à avoir de perspective d’avenir, plongée dans ses tourments où les derniers instants l’avaient amputé de plusieurs de ses proches, successivement. Elle s’accabla bien vite du poids et des responsabilités de ces morts, quand bien même chacune des décisions tragiques sortait complètement de son carcan. Elle avait survécu et ne comprenait pas pourquoi. Ce qui la retient à la vie n’est alors plus qu’une ficelle fragile, ses idées sombres l’emmenant très facilement vers l’optique de mettre fin à ses jours.

D’ordinaire, Rebecca est une femme à la gentillesse innée, peut-être un peu trop à l’excès d’ailleurs. Elle a du mal à dire non, et aimera davantage la fuite lorsque les situations tournent vers un côté imprévu que de faire face et affronter. Privée de repère, Rebecca devient une jeune femme très vulnérable. Ingénue de nature, elle semble tout autant volontaire qu’inexpérimentée.

Peu de choses dérangent plus Rebecca que la perspective de laisser tomber une personne ou une cause en laquelle elle croit. Sa fiabilité est si ancrée qu’elle surplombe même parfois ses aspirations, capable de remuer ciel et terre pour permettre l’accomplissement de cette idée. Elle agira pourtant davantage comme un soutien que comme une force de caractère ou un leader. Elle n’a rien d’une combattante et n’a d’ailleurs jamais levé la main sur qui que ce soit ou quoi que ce soit. Elle sera une épaule sûre, une confidente, ou une aide morale indéfectible si débat il doit y avoir.

Elle est également une passionnée dans l’âme du monde animal, et plus particulièrement de la faune sauvage, débordant d’intérêts et prenant beaucoup de plaisir à poursuivre ce qui est pour elle bien plus qu’un passe-temps. En conséquence, elle se retrouve rarement à court de quelque chose d’attrayant à faire lié à la nature. Elle ne pourrait vivre à long terme enfermée entre quatre murs sans pouvoir accéder à la beauté extérieure. Depuis son plus jeune âge, cette passion l’a enivré, collectionnant les encyclopédies à ce sujet, et devenant une véritable bible sur tout ce qui touche le règne animalier, ce qui a fortement développé son instinct et son sens de l’observation lorsqu’il s’agit de son centre d’intérêt. Elle suivit d’ailleurs avec grande curiosité les militants populaires prônant le réensauvagement de la faune et la flore texane via le projet "Our Eternal Nature".

Histoire jusqu'à l'Apocalypse

Les prémices

« Ici Cooper, moteur demandé. » Articula la jeune femme dans le micro du talkie qu’elle portait à ses lèvres, pressant d’un geste assuré l’interrupteur autorisant l’émission, avant de le relâcher.

Sous sa senestre, la cage vibrait sensiblement par les mouvements de la bête qui y était captive, quelques échos de métal tintant contre la structure. Un vent froid d’hiver soufflait naturellement dans la petite vallée du Montana, où s’alignait bien plus loin, les hautes cimes d’une forêt de pin saupoudré de neige aux reflets de cristal. La basse végétation, elle, émergeait depuis les alcôves de quelques fontes, nuançant la colométrie du paysage, entre la blancheur encore éclatante, et les premières verdures de jeunes pousses. Ça avait beau être la fin de la saison glacée, le rond impérial du soleil qui dardait ses rayons n’empêchait pas au thermomètre d’afficher des températures négatives aux aurores. Et pour la Californienne d’origine, qui se plaisait davantage aux ambiances brûlantes du sud, des étendues arides ou des plages chaudes, la superposition de vêtements polaires sur ses épaules était toute justifiée, n’en déplaise aux locaux qui se dandinaient déjà dans de courts débardeurs.

Bonnet vissé sur la tête, le rose aux joues et les lèvres fines couvertes d’un baume protecteur opaque, Rebecca avisa la gamine qui se tenait, seule debout, à plusieurs dizaines de mètres de sa position. Elle restait droite, un peu hésitante, triturant du bout des doigts la laine de ses petits gants vermeils à moitié cachés par l’épaisseur d’une doudoune rouge vif. Des boots sombres aux pieds, la fillette d’environs huit ans faisait quelques pas dans la poudre neigeuse, ses longs cheveux blonds virevoltant au gré des souffles éphémères.

« Shannon, t’es prête ? » Lançait la jeune femme en faisant porter sa voix à son intérêt, l’appareil toujours entre ses mains, provoquant l’arrêt de ses gesticulations de phalanges pour laisser ses deux bras ballants retomber le long de son corps.

« Ouais, moi, j’suis prête ! » Répondait-elle donc dans un élan enthousiaste enfantin, se mettant alors à marcher un peu plus franchement dans sa direction.

Dans son périmètre visuel, plusieurs autres silhouettes s’articulèrent, mais aucune des deux n’y prêta attention, concentrée pour les trente prochaines secondes à venir.

« Tout est en place. » Annonçait un écho masculin escorté d’un léger grésillement, émanent de l’appareil toujours maintenu en main. « Trois, deux, un... silence. Et ... ça tourne ! »

Aussitôt, Rebecca ouvrit le petit portail de la cage, haute de bien plus d’un mètre, libérant l’animal qu’elle contenait qui s’élança, dans une démarche vive et chaloupée. Le loup, car c’était de ce canidé dont il s’était agit, gambada sur les rases herbes glacées, sa truffe furetant un instant sur le flanc avant de partir se porter à l’attention se l’enfant, droit devant lui.

« Ah, ben, t’es là. » Lança la fillette d’une voix mesurée et à la tonalité plus nuancée que les précédents mots qu’elle avait prononcés, accueillant la venue de la bête à ses côtés, après qu’elle l’eut contourné d’une attitude paisible.

L’animal était grand, la toison ocre et grise de sa fourrure plus épaisse à hauteur de cou et d’épaules, parvenait à atteindre du bout de son museau le buste de sa jeune compagne. Il s’y accola d’ailleurs, laissant l’enfant jouer avec son pelage, le caresser à loisir et le frotter sans qu’il ne réagisse, continuant de marcher de quelques enjambées de ses pattes musclées, gardant le rythme sur la progression de l’actrice.

Rebecca avait observé de loin son sauvage protégé se calquer à la chorégraphie qu’ils avaient répétée, veillante, bien que confiante, à son comportement aux abords d’une si petite comédienne. Elle avait déposé l’engin de communication sur la hauteur de la grille, libérant ainsi sa dextre pour la plonger dans la poche de son épais manteau, triturant de ses doigts gelés délaissés à l’air libre, les bouts de viande dont elle était garnie. Elle fit quelques pas sur le côté, passant sous un immense bras articulé, dont la nacelle supportait du cadreur qui en commandait la direction, l’œil fixé sur l’écran de sa caméra, un casque rivé à ses oreilles. Deux autres hommes se déplaçaient un peu plus loin, filmant la scène sur plusieurs angles de vue différente, tandis qu’un perchiste ajustait son parcours pour rester hors champ des trois, et brandir son long micro télescopé au-dessus du duo.

Elle attendit patiemment. La séquence, elle commençait à la connaitre, maintenant qu’il s’agissait de la troisième prise qu’ils faisaient après avoir subi une panne technique sur la dernière qui avait forcé un arrêt de plusieurs dizaines de minutes. La Californienne était confiante, Bandit tenait bien son rôle sans aucun écart. Il fallait dire qu’il était accoutumé des tournages, animal star du Tout-Hollywood qui avait déjà partagé l’affiche de nombreux films et publicités. Lui et les membres de sa meute avaient été éduqués dès les premiers jours en compagnie des êtres humains, et les avaient intégrés, malgré la marque génétique qui désignait l’homme comme un prédateur pour le loup, laissant ce lien se créer.

L’enfant n’était pas craintive. Elle avait eu le temps de s’acclimater de son partenaire de scène pour l’avoir vu grandir depuis plusieurs mois, visitant fréquemment la ferme d’élevage où Rebecca travaillait. C’était le défi fou qu’avait voulu accomplir le réalisateur pour son nouveau long métrage, d’obtenir les images les plus crédibles à l’écran entre une fillette et cet animal sauvage. Et c’était un pari gagné, car, au fil des mois, les deux étaient devenus plus complices que jamais; à l'instar des personnages qu'ils incarnaient.

La jeune femme posa un genou à terre, levant son poing clos sensiblement devant elle, lorsqu’elle finit par rallier la zone marquée au sol.

« Attends Bandit ! Reviens ! » S’écriait Shannon, toujours tenue à son rôle, alors que son compagnon s’éloignait en bonds prompts en direction de la dresseuse, jusqu’à la rejoindre, et cherchait d’une pression frénétique et appuyée sur la main fermée, captant l’odeur d’une friandise au travers. Tout en lui offrant son met, Rebecca, frictionna la toison épaisse de l’animal, grattant son flanc pour le féliciter, tandis qu’un « Coupé » retentissant ponctua le tout pour mettre fin à cette courte séquence, mais aussitôt, un jeune homme arriva dans son dos, marchant de quelques pas rapides avant de s’immobiliser, patientant que la star de l’instant soit renvoyée dans sa cage.

« Mademoiselle Cooper ? On a un souci avec Ray pour la préparation de Roosevelt. »
« Un souci ? Lequel ? » S’inquiéta immédiatement la femme tandis qu’elle s’opérait à enclencher les loquets.
« L’émetteur ne semble pas fonctionner. Ray ne veut pas tourner la séquence de la traversée sans, mais l’appli ne semble pas le détecter, et ils commencent dans moins d’une heure. »
« Oh. » Laissa-t-elle échapper, sur une intonation plutôt soulagée, elle qui s’était attendu à plus insolvable nouvelle. « Je crois qu’on a encore des émetteurs de rechange. J’en avais pris au dernier tournage, ils ont dû y rester. Dis à mon père de regarder dans le placard au-dessus de ma couchette, dans le van. Oh et, qu’il utilise le chatterton noir pour le fixer à ses ramures. La colle du blanc abîme ses bois. »
« Le placard au-dessus. Ok. » Répéta-t-il avec un brin de nervosité, bien que cette dernière s’était sensiblement évaporée. « Ah oui, Ben a essayé de vous joindre. Il a dit que c’était important, mais pas urgent. »

Un soupir propulsé, escorté par l’affaissement des épaules de la jeune femme, souleva quelques nuées de vapeur de ses lèvres, tandis qu’elle observait le stagiaire s’échapper en courant. Le paternel avait dû encore lui mettre une pression énorme, ce qui avait tendance à rendre l’apprenti dompteur un tantinet fébrile. Mais au final, un sourire finit par peindre ses pourtours. Autour d’elle, un fourmillement de techniciens commençait déjà à démonter les différents éléments, le réalisateur ayant décrété que le soleil était maintenant bien trop haut dans le ciel pour continuer les prises. Elle avait capté l’information d’une oreille distraite, reportant son attention sur l’animal qui s’était couché dans sa boite grillagée de métal, les oreilles dressées et l’air tranquille.

« C’est tout pour toi ce matin, mon beau. » Avait-elle lancé d’une intonation plus mesurée tout en sortant son smartphone de la poche intérieure de son manteau, désactivant le mode silencieux, et agitant ses longs doigts fins sur l’écran tactile pour rejoindre son répertoire.

Les bips de tonalité fut de courte durée, puisque Ben décrocha relativement vite, son visage se dévoilant sur son téléphone qu’elle tenait à bout de bras, devant elle, offrant en retour le sien à la contemplation de son conjoint. Ses traits étaient anguleux et marqué, encadrant une mâchoire carrée clairsemé d'une petite pilosité fasciale correctement taillée. Le sombre de ses yeux étaient renforcé par l'importante luminosité du lieu où il se trouvait.

« Mon Dieu Chérie, on dirait que t’es au pôle Nord. Tu tournes le remake Live-Action de la Reine des Neiges ? »
« Ben, mon trésor, va te faire voir. » Répondit-elle un large sourire aux lèvres tandis qu’elle remontait le pan de son écharpe sur le bas de son menton, arrachant en réaction un léger rire. « Figure-toi qu’il fait encore -4° ce matin ! »
« Les collègues m’ont dit qu’ils prévoyaient 26 dans l’après-midi sur la côte Ouest. J’vais peut-être finir la soirée sur Santa Monica... »
« Pitié, Ben, j’vais mourir rien qu’en t’entendant parler. T’as essayé de me joindre ? »
« Ouais, hm, écoute. » Entama t-il un peu gêné subitement, son regard fuyant un instant hors du cadre de la caméra pour en revenir ensuite, après un léger raclement de gorge. « Ryan m’a appelé y’a une trentaine de minute, il s’est fait foutre à la porte de son boulot, à cause de son casier, ou je sais pas quoi. »
« Ben... »
« Bébé, écoute, il a aucun endroit où crécher, et c’est que l’affaire de quelques jours, le temps qu’il trouve autre chose, et qu'il puisse à nouveau se payer un appart. »
« J’veux bien croire que ton petit frère est clean maintenant, et j’veux pas être celle qui lui mettra des bâtons dans les roues mais... »
« Oui, je sais, mais j’ai déjà fait le point avec lui. Il m’a juré qu’il retouchait plus à cette merde. C’est du passé. »
« C’est jamais vraiment du passé... »
« Bébé... bon... j’vais devoir sortir mon joker on dirait. »

Rebecca leva les yeux au ciel après un roulement marqué, expirant un nouveau souffle des narines, les lèvres pincées. Le téléphone de Ben s’éloigna, quittant le gros plan que l’homme avait focalisé sur son visage pour en capter un peu plus de sa stature, dévoilant le haut de son corps et la ligne de ses épaules flanquées dans un uniforme serré bleu foncé de policier New-Yorkais. Son ultime geste fut de visser sur son crâne aux cheveux sombre d’ordinaire très court, le képi règlementaire, ce qui provoqua un vaste éclat de rire, impossible à retenir, de la part de la femme en vis-à-vis. Elle barra ses lèvres qui s’agrandirent largement, refoulant le gloussement de sa voix après avoir jeté un coup d’œil sur le côté.

« Alors, ça me va ? »
« Carrément. Ça te va carrément bien. » Elle abaissa sa main, dévoilant son sourire toujours marqué aux lèvres, ayant balayé l’appréhension qui s’y était figée quelques secondes avant. « Tu crois que tu pourras le garder quand je serais de retour ? »
« Je pourrais essayer de négocier. »

Leur conversation fut interrompue par l’arrivée en arrière-plan d’un homme d’un certain âge, qui interpella le gaillard toujours fixé à l’écran de son téléphone.

« Hé ! Gamin ! » Argua-t-il, d’une voix éraillé, s’approchant en boitant de Ben, pivotant brièvement son regard sur le smartphone qui renvoyait le visio. « Tiens ! Salut Becky. »
« Salut Bernie. » réagit la jeune femme, sans perdre de sa félicité acquise, mais rien ajouter de plus pour laisser les deux hommes converser.
« Dis-moi. Y’a le réal qui voudrait que tu fasses un tonneau. Ça te va ? » Et il continua, sans attendre la réponse du dénommé. « Oublie pas, c’est toi qui vois, hein ? Si tu le sens pas tu laisses tomber. Y’a aucune honte à avoir, hein. Parce que t’es la doublure de la star. Hein, attends, c’est pas rien. »

Ben plissa les lèvres, laissant sa main sensiblement s’affaisser, son regard ne s’intéressant plus qu’à l’homme venu à son encontre.

« Alors, j’t’ai gratté 500 dollars de plus. Bon, bien sûr, on partage. Ça ira ? »
« Ouais. Ça ira. » répliqua Ben, plutôt placide, hochant significativement le crâne pour escorter sa réponse.
« Ouais ? Sûr hein ? Bon, t’oubliera pas de signer la décharge. Aller, j’te laisse. » Acheva-t-il d’une même lancée, flanquant une notable frappe sur l’épaule de son poulain avant de s’éloigner.

Rebecca avait connu Ben sur le tournage d’un même film, trois ans auparavant. Évoluant dans des domaines littéralement différents, elle, portée sur la faune sauvage, lui, préférant la vitesse et l’adrénaline des cascades, seul Hollywood avait su provoquer la rencontre, au détour d’un blockbuster que tout le monde avait vu, mais personne n’en avait cherché à retenir les noms du personnel de l’ombre qui y opérait avec autant de professionnalisme que les têtes d’affiche. Mais de part leur métier respectif, ils n’en tiraient que peu de temps en commun, l’un et l’autre voyageant souvent tout autour du globe, les animaux n’appréciant gèrent les espaces bruyants et étriqués des plateaux préfabriqués.

« J’vais devoir te laisser. » Reprit alors Rebecca, avisant le loup toujours entravé dans sa cage, qui patientait sagement. « C’est ok pour Ryan. Avec un peu de chance, il sera parti quand je rentrerais. J’en ai encore pour deux semaines ici. »
« Et quand tu devras partir au Texas, déjà ? »
« Dans deux mois. J’dois y être début avril, pour commencer les shoots aux alentours du 15, le temps de l’acclimatation des animaux. »
« Si le tournage ne prend pas trop de retard, je pourrais t’y rejoindre. Après ça, je reprends cet été, ça pourra nous faire de petites vacances, t’en penses quoi ? »
« Ouais... oui, ok. Ça me va. »

Son sourire s’accentua un peu plus, plutôt ravie de la proposition.

Le point de non-retour

Immolées dans un feu sans chaleur, noyées dans une eau sans texture, les ombres d’un rêve sans image et bien trop profond s’effacèrent peu à peu tandis que les notes d’une lointaine mélodie retentissaient. Des accords harmonieux qui trouvaient sens dans une volupté douce et renforçait naturellement un sentiment de bien être ou de félicité. Ce n’était pas tant la musique en elle-même, quand bien même Rebecca avait toujours bien aimé Ed Sheeran — et ce depuis sa toute jeune enfance, et plus encore son dernier titre, mais bien le signal de ce qu’il évoquait en soi : un appel de Ben sur son smartphone.

Un sensible gémissement de gorge s’extirpa d’entre ses lèvres enserrées, asséchées par une nuit bien trop courte dont on venait de la tirer contre sa volonté. Positionnée de flanc, son corps entier dérangé par cette sonorité dont le volume ne cessait de croitre à mesure que sa conscience émergeait, entama un demi-tour, son bassin roulant sur lui-même tandis que sa main se rabattait sur le matelas à la proximité de son visage, manquant de quelques centimètres le téléphone qui s’y trouvait également. Et comme si ce geste avait suffi à en démontrer l’inconfort de sa propriétaire, l’appareil se tut, son écran s’éteignant progressivement pour faire regagner à l’environnement une obscurité plus profonde.

Profitant de l’accalmie, son esprit se laissant happer par le repos dont il n’avait pas été assez repu, la femme retourna à l’immobilité la plus parfaite, son souffle s’alourdissant davantage. Mais c’était sans compter sur la ténacité du dérangeur, qui s’obstina à relancer la communication. Cette fois-ci pas totalement repartie dans le monde des ténèbres, faisant désormais face à la clarté intense de l’écran braqué dans sa direction qui mit à mal ses iris malgré l’apposition de ses paupières, elle eut moins de difficulté en y réagir, mais avec tout autant d’agacement. Cloisonnant un peu plus ses yeux en crispant son visage, l’inclinant sur le côté pour en esquiver l’agressivité, ses doigts se mouvèrent pour frôler la coque du responsable de cet odieux tourment, rabattant l’icône verte presque instinctivement pour décrocher, d’un geste qu’elle avait tant de fois exercé tout éveillée.

« Bébé ? … T’es là ? »

La voix n’eut aucun mal à atteindre les oreilles de l’infortunée réveillée, émettant comme toute réponse qu’un « Hmmmm » terriblement fatigué et pleinement significatif de son état actuel.

« Becky, c’est important. » Semblait urger l’homme dont la figure apparaissait en visio sur l’écran, habitude que le couple avait prise à chacun de leurs appels.
« Hmmm ? Il est quelle heure ? »

Délaissant l’appareil, la dextre de la femme s’étira vers le haut, à la recherche de l’interrupteur qui apporterait enfin une lumière à son environnement.

« Vingt-trois heures passées sur la côte Ouest. Une heure pass… » La voix de Ben fut surplombée par un vrombissement important, qui s’éternisa sur plusieurs secondes avant de se dissiper.

Un claquement plus tard, et l’ampoule de l’étroite cabine de couchage de sa caravane s’éclaira d’un seul coup, contraignant l’instigatrice de cette agression à conserver d’autant plus ses yeux fermés. Ses deux bras prirent appui sur la surface moelleuse où son corps se soutenait pour se redresser lentement en position assise.

« C’était quoi ? »

Si la lumière se fit, sa vision trouble que le fin interstice que ses membranes occultrices permis ne l’aida pas à y voir plus claire, faute aux nuées de sa fatigue qui peinait à s’échapper.

« Un hélico. Y’en a des dizaines qui survolent la ville. »

« Pourquoi ? » S’étonna-t-elle en retrouvant un semblant de netteté, s’emparant enfin de son écran qui renvoyait les traits de son petit-ami, les siens d’autant plus plisser par son sommeil interrompu. « … qu’est-ce qui se passe ? »
« J’en sais foutrement rien. Le Paramount a été évacué y’a deux heures. Toutes les routes sont bloquées. »

Tenue éloignée de son propriétaire, la caméra projetait à l’écran le visage inquiet du cascadeur, le regard obstinément braqué sur son environnement immédiat. Son mouvement était saccadé de petit tressaut, signe caractéristique d’une procession rapide qu’il n’avait cessée, arpentant un accotement illuminé par les halos jaune orangé de plusieurs lampadaires allumés. Brusquement, le son tonitruent de sirène hurlèrent par-dessus la voix de l’homme, attirant son attention tandis qu’il observait deux véhicules tenter de se forger un passage sur le trottoir opposé pour esquiver les encombrements de voitures qui condamnaient les routes. Les flashs alternatifs, rouge et bleu vif, s’imposèrent sur le visage mal éclairé du piéton qui accéléra d’autant plus sa marche.

L’inquiétude grima à son tour les traits de la femme qui réajustait son assise en étirant le drap davantage sur ses membres de sa main libre, l’autre tenue à porter l’appareil de communication.

« J’ai pas accès à internet. » Continua enfin Ben, qui persévérait sa progression après le passage des autorités locales. « Le réseau est saturé ici, j’ai eu du mal à récupérer de la bande passante pour t’appeler. »

Toujours percluse d’incompréhension et bien qu’elle l’avait attiré à elle quelques secondes avant, les couvertures se retrouvèrent propulsées sur le côté, laissant apparaitre ses longues jambes nues, habillées d’un simple short et vêtue d'un tee-shirt bien trop large pour elle descendant jusqu’à la hauteur de ses cuisses.

« Attends, j’vais allumer la télé. »

Basculant les pieds dans le vide, Rebecca retomba moins de deux mètres plus bas, coincée entre la structure du lit superposé, et les placards qui offraient plusieurs espaces de rangement dans cette caravane bien plus grande que les ordinaires touristiques. L’étage inférieur était inoccupé, les draps encore bien proprement étendus qui laissait à supposer un second locataire, absent au demeurant, et n’ayant pas trouvé de temps propice au repos, malgré l’heure avancée de la nuit. Inquiète de cette absence, d’autant plus qu’elle venait d’être immergée dans une situation qui faisait croitre son anxiété, le regard de la femme se braqua sur le long couloir qui s’étirait de sa position vers la cabine avant, bien des mètres plus loin, vacant également.

« Papa ?! » Appela-t-elle non sans avoir jeté un coup d’œil du côté de la porte des sanitaires, cette dernière à moitié ouverte et plongée dans le noir, ce qui dénotait un manque de présence.

Sans réponse, elle entama de s’avancer de quelques pas, rencontrant bien vite la première fenêtre du côté de la kitchenette, dont le store, jusque lors abaissé, se retrouva vivement redressé. De l’autre côté de la vitre, dans une large étendue désertique, installé dans une chaise longue, un homme d’une soixantaine d’années s’offrait la tranquille contemplation d’un parterre d’étoiles brillantes tout en inhalant la fumée d’une énième cigarette. Un souffle expirateur s’échappa des narines de la femme, qui déporta rapidement sa vision de cette contemplation, rassurée que ses propres environs fussent bien plus semblables à tout ce qu’elle avait connu jusqu’ici, et se contentât de se pencher vers l’écran plat du téléviseur implanté face aux petits bancs de bois rembourré de mousse et couvert de tissu fleuri.

« Toujours là Ben ? » Questionna Rebecca, à la fois concentrée sur l’image du visage de l’homme qui continuait son trajet, et sur sa recherche de la télécommande.

« Ouais, toujours. J’essaye de rentrer à l’appart. Ryan ne répond pas. »
« Je mets CNN, attends. »

« ...croyable. Comme vous le voyez, certaines personnes sont devenues violentes et attaquent brutalement les passants. Ce phénomène semble avoir commencé par une petite émeute à Callowhill, du côté du Chinatown, en plein cœur de Philadelphie, et semble se répandre rapidement dans toute la ville… »

La voix du présentateur résonnait dans les haut-parleurs, l’écran bardé de bandereau d’alerte, l’image projetant une séquence nébuleuse et plongée dans le noir, d’une caméra embarquée à bord d’un hélicoptère qui tente de filmer une agitation chaotique en contre bas, jouant sur son zoom et sa focalisation, sans parvenir à obtenir de grande netteté.

« Attends, ils parlent de Philadelphie… » Laissa échapper Rebecca d’une tonalité un peu incrédule dans un souffle d’air.
« Ils disent rien sur L.A. ? »
« Je… je ne sais pas, attends. »

Perturbée, toujours dans le flou de ses pensées et pressées dans l’urgence, la jeune femme changea de canal, basculant sur la Fox News Channel, qui semblait attribuer une narration à peu de chose près similaire à ce qu’elle venait d’entendre, dévoilant la scène de plusieurs véhicules emboutis dans une inouïe chaine d’accident pris en direct.

« On dirait Philadelphie encore… »

« ... question ici d’une sorte de vague épidémique, dérivée de la rage qui pousserait la population à commettre des actes d’une extrême violence… »

Elle en resta figée, à écouter le flux de parole toujours aussi incroyable à comprendre, comme si cela était autant irréaliste que dramatique. Sa senestre remonta lentement à ses lèvres qu’elle barra de cette appréhension grimpante, les yeux grands ouverts, s’agitant sur le large écran de son téléviseur qui renvoyait des scènes difficilement discernables.

Un violent bruit interrompit son fil de pensée et de contemplation, reportant l’ensemble à la hauteur du téléphone qui éclaira brutalement l’environnement d’une onde rougeoyante, la caméra ne parvenant plus à offrir un visuel précis.

« Ben ? Ben ! T’es là ? » Appela plusieurs fois Rebecca qui rapprocha un brin le smartphone de son visage, continuant d’appeler jusqu’à ce que ce dernier réponde, sa voix escortée par un flux de hurlement extérieur et un peu plus lointain.

« J’y crois pas… ça vient de la station-service, elle a explosé… »
« Ben ! Ben, écoute ! À la télé, ils disent qu’il y a des gens qui... »
« Quoi ? »
« Ben ! Des gens se font attaquer par des fous furieux. Il… il faut que tu quittes la ville ! »

Mais de l’autre côté du téléphone, rien n’était plus décelable ni audible hormis des bruits de vociférations et de chocs indéterminables. La vidéo ne renvoyait plus qu’un flux d’ombres et d’obscurité, tranché par instant par quelques vrilles lumineuses rapide qui filait sans laisser le temps d’une appréciation claire.

« Ben ! » Se mit à crier un peu plus fort la jeune femme, dont les tonalités se perdirent sur des aiguës strident.

Mais au lieu d’une quelconque réaction du dénommé, ce fut la porte de la caravane qui s’ouvrit brutalement, laissant apparaitre un homme d’un certain âge, interloqué par une telle véhémence perçue depuis l’extérieur.

« Becky ? Qu’est-ce qui t’arrive ? » Demanda-t-il d’un souffle guttural, sa gorge raclant une sonorité sensiblement déformée par l’excessive consommation de tabac.

Mais les réponses peinèrent à franchir ses lèvres, laissant toute amplitude aux chaines d’information, de relever leur contenu, instaurant dans le camping-car un nouveau climat face à la découverte de l’insensé. De trop lourdes et multiples minutes défilèrent, le vacarme continuant de s’extraire d’une communication restée ouverte, couplée aux discours de reporters pas mieux logés.

« Impossible de dénombrer les morts. Les différents gouverneurs ont décidé de décréter l’état d’urgence dans les quatre villes touchés .... »
« ... d’après nos sources, les personnes souffrant de l’infection montrent des signes d’agressivités… »
« ...en raison de la propagation de l’infection dans les zones très peuplées… »
« ... les actes cannibales des individus infectés se répandent… »


Qu’importait la chaine que Ray changeait, les informations qui se succédaient n’étaient que le renforcement des précédentes.

« ...becca ? Rebecca ? Tu m’entends ? »

Extirpant la dénommée de sa torpeur, cette dernière rapprocha à nouveau le téléphone d’elle, cherchant à desceller quelque chose sur la caméra de son correspondant.

« Ben ? Tu vas bien ?! »
« Ouais… juste… un taré m’a écharpé le bras, mais… je vais bien. J’ai réussi à trouver une voiture. J’suis du côté d’Adams Square. J’vais prendre la voie large pour sortir de la ville.... »

La voix diminuée tranchait par moment de quelques pauses précédé d’un souffle retenu, une contraction de tonalité suivit de quelques crissements de pneu qui laissait supposer à des manœuvres délicates et opérées à vive allure.

« Bébé, écoute-moi. Surtout, tu restes là-bas. Je vais te rejoindre. Comme prévu. J’vais venir, t’en fais pas. On se retrouve au point de rendez-vous. T’as juste à m’attendre, ok ? »


Les Autres

« On reprendra plus tard. »

Rebecca ne pouvait qu’acquiescer, d’un sourire douloureux et contrit, peinant encore à retrouver le chemin de la parole. En face, le cadreur coupa la caméra qui s’était pendant un bon moment braquée sur elle, manipulant quelques mécanismes pour l’ôter de son support et venir le ranger avec précaution dans une house rembourrée. C’était sans doute un équipement bien trop avancé et élaboré pour l’usage qu’ils avaient décidé d’en faire, mais après le départ d’une large partie de l’équipe — et de facto du matériel qui allait avec, il ne restait plus grande variété de choix. Ils avaient statué de laisser une trace de cette période historique, pour l’Amérique, pour le monde, pour ce qui suivrait.

Une semaine. C’est le temps qu’avait mis la production pour officiellement avorter le tournage, mais déjà, de multiples équipes, qui avaient rejoint les lieux en avance pour quelques repérages, se retrouvaient dans l’incapacité de regagner leur logement, de contacter leur famille, de retourner à leur confort d’un quotidien parfois éreintant. La très grande majorité vivait et travaillait à Los Angeles, ou dans ses environs, mais la quarantaine, qui était supposée être au départ momentanée, le temps de contenir l’épidémie et d’y remédier, se transforma en zone de non-droit lorsque la ville fut déclarée perdue.

Nombreux furent ceux qui décidèrent de prendre tout de même la route, espérant être au plus près après avoir été témoin de l'innommable, ou dérivant du plan pour gagner quelques foyers annexes. D’autres, comme les Cooper, avaient préféré rester, attendant que les nouvelles aillent de pires en mieux, mais ce fut tout l’inverse qui se déroula. Paumés en plein milieu du Big Bend, à quelques kilomètres de la frontière géographique du Mexique, bien qu’aucun chemin n’y passait, faute d’un paysage bien trop escarpé et impraticable qui symbolisait la délimitation des deux pays. Ils étaient perdus, loin de tout, loin de rien, plus encore de la civilisation et des problèmes qu’elle éprouvait. Le Rio Grande Motel Rooms avait été entièrement loué pour cette grosse production, raison pour laquelle ils n’eurent la visite d’aucun touriste les premiers jours, mais plus le temps s'écoulait, plus l’incompréhension et l’indécision les gagnaient, couplé pour certains au désespoir. L’apocalypse dans leur rang avant même qu’elle ne les ait atteints. Cloués à leurs écrans de télévision ou à leur smartphone, ils avaient assisté au déclin de leur si grand et beau pays, souvent de leur proche, jusqu’à ce que les transmissions ne se coupent, tout comme les réseaux.

« Hey. » Interpella cette voix grave et connue de son paternel pour la sortir des cycliques pensées dans lesquelles elle tournait inlassablement. « Tiens, bois ça. »

Une dextre érodée par le temps apporta à la jeune femme une tasse de boisson fumante, une cuillère plongée dans le fond qui avait agité un morceau de sucre, quelques bulles d’air flottant à sa surface. Ses deux mains s’apposèrent autour du contenant qui réchauffa l’intérieur de ses paumes instantanément.

« Vous avez trouvé du café ? »  Demanda-t-elle un brin étonnée, redressant ses prunelles qui s’estompaient peu à peu de leur clarté brillante.
« On est allés jusqu’au Panther Junction avec les frères Steers, mais les cuves étaient vides. Alors, tu vois, on a poussé jusqu’à Terlingua. »  La pause qu’il accentua força sa descendance à s’intéresser d’un peu plus près à ses expressions de visage, y entrevoyant alors une certaine forme d’inquiétude marquée. « Une dizaine de réfugiés, rien que ça, sont arrivés entre hier et aujourd’hui, et le temps de faire le plein des .. tu sais là... des jerricans, et bien, trois autres véhicules ont débarqué. Certains ont dit venir d’El Paso, d’autre des petites villes au nord à un peu plus de 130 kilomètres d’ici, j'ai pas retenu le nom, mais c'est pas important. Becky... Tous tenaient le même discours : les Autres ... ils ont passé le mur de quarantaine, y'a plus personne là-bas qu'ils disent. Plus d'armée, plus rien, et la contamination ... et bien... elle se répand comme une nuée de poudre. »

Le souffle de la femme fut presque coupé, tout comme sa voix d’ailleurs, son esprit bousculé ne trouvant les mots pour exprimer ses peurs et ses angoisses, ou les questions qui s’accumulaient et dont elle savait que le vieil homme n’avait aucune réponse.

« Un couple avec ses deux gosses nous a suppliés de nous rejoindre. Alors tu vois, on pouvait pas dire non. Ils nous ont suivi, Jack les installe dans le Motel. Ils avaient le coffre de leur pick-up plein à craquer de vivre. Et du café. Tu sais... il va falloir s’attendre à d’autres et… il va falloir surtout s’organiser. »
« S’organiser ? Que… quoi ? Qu’est-ce que… »  Mais rien de plus ne parvint à s’extirper qu’un mélo de début sans fin.
« Monter des barricades, faire des rondes, j'en sais rien. Ils avaient fait un film là-dessus l'an dernier, tu te souviens ? L’ainé Steers, il a dit qu'il faut qu’on se rassemble tous avant la fin de la journée dans la salle commune. Ceux de Terlingua, là-bas, les proprio des motels… ils vont essayer de barrer la 118 avant la ville. Pour éviter qu'il y ai trop de monde… »
« Et si Ben essaye de passer ? »  Protesta sans réelle véhémence, Rebecca, la voix défaillante.
« Becky… il y a autre chose. »  Fit-il dans un souffle annonciateur d’une terrible nouvelle, sans laisser le temps à son interlocutrice de gamberger trop durablement, ses mains tremblantes autour de la tasse bien trop révélatrice de son état. « Les réfugiés, ouais, ils... ils disaient en avoir déjà croisé, en plein Texas. Des Autres. Tu sais. Des contaminés. Ils ont parlé que la maladie se transmet par morsures, et ... et par griffures aussi, comme enfin... tu sais… »

Ses espoirs, aussi maigres qu’ils fussent, venaient d’être balayés d’une brise sauvage et glaciale. L’incrédulité n’avait pas outre mesure pris place dans son esprit, parvenant rapidement à cette conclusion qui mettait un terme à plusieurs semaines d’attentes incertaines. Le liquide noirâtre se déversa au sol, toute la pression des mains relâchées pour en abandonner toute conscience de son existence, la tasse chutant à son tour pour cogner la terre poussiéreuse. Ray ne laissa pas filer plus de temps pour gagner les quelques dizaines de centimètres qui l’avait séparé de sa fille, venant la prendre dans ses bras en lui offrant la sécurité de ces derniers.

Il avait toujours veillé sur sa progéniture plus que la norme le voulait, cherchant à la protéger, vents et marées, contre tous les maux de l’univers s’il fallait. Mais il n’avait jamais imaginé à quel point ce combat pouvait être impossible. Depuis le décès de sa femme en couche, plus de trente années en arrière, il était resté seul à devoir apprendre à élever un bébé, puis un enfant. Il avait fait de son mieux, jusqu’à l’excès, mais le monde venait de lui avouer que ça ne suffirait jamais, moins encore maintenant qu’il avait dépassé la soixantaine.

Un début de vie qui ne fut pas facile, mais qui laissa place a une longue période de tranquillité, laissant à penser à l'homme, pieux de nature, que le prix avait été payé, que les épreuves auquel Dieu lui avait contraint à faire face, avait été surmonté pour mériter un siège dans l'océan de quiétude qui succèderait. Sa protégée avait décidé de suivre ses traces, immergée dès le plus jeune âge au contact des animaux et fascinée par la passion qui l'animait. Une élève moyenne, sans de prestigieuses ambitions, mais portée par la même volonté d'offrir au plus grand nombre ce qui avait de plus beau sur terre. Et ce qu'il pensa avoir acquis de droit, venait de lui être retiré, à l'instar sans doute de tous les éprouvés de cette humanité désormais décadente.

Au-dessus d’eux, un cri strident attira l’attention du paternel, qui se mit à observer le rapace à l’immense envergure entamer un pivot dans le bleu du ciel. Les bras autour de sa fille se serrèrent davantage, accentuant l’étreinte brièvement, marque d’une séparation à venir dont il confirma par la suite oralement.

« Je reviens. Je m’occupe de Thorondor, j’en ai pas pour longtemps. »

Le choc était désormais en place, et arriverait sans doute le moment du déni, et toutes les autres phases qui suivrait dans un monde qui ne pourrait laisser de temps au deuil. Et tandis qu’il se redressait, attrapant son gant de cuir épais retenu au passant de sa ceinture, Rebecca se levait pour s’échapper vers leur caravane et s’y enfermer.

Leur paradis de tranquillité, où ils ne furent que spectateurs d'un désastre qui vint finalement à leur porte, céda place à la survie après les vagues successives de réfugiés qui cherchaient l’endroit le plus reculé du Texas, trouvant un accueil auprès du reliquat de l’équipe de tournage qui avait pu profiter de l’excessive réserve de nourriture emmenée par la régie. La troisième semaine du mois de Mai les confronta enfin à la réalité, à cause du désespoir et du déni. Les morts ne se contentaient pas de suivre les routes, ils progressaient, errant aux hasards sans compter la fatigue, sans compter la soif, avec une faim galvanisante qui leur tenait au ventre.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
PDD 3C Fusées
-
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : Fusées
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/3
-
Contenants Personnels :
Dos 23/30
Grand sac
Torches (2)
Matériel de pêche (5)
Appâts (1)
Rations pour animaux (15)

Rebecca Cooper


Fiche de personnage
Points de RP:
 Rebecca Cooper Debuba1151/2000 Rebecca Cooper Videba10  (51/2000)
Etat Mental:
 Rebecca Cooper Debuba1075/100 Rebecca Cooper Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Rebecca Cooper

Mer 16 Mar 2022 - 13:18
Quelle(s) zone(s) de l'État votre personnage a fréquenté ?

Elle est restée plusieurs mois au parc National de Big Bend, sans doute l'un des endroits les plus reculés du Texas, à près de 150 km de la ville la plus proche. Mais au fil du temps, les besoins qu'une nature sauvage ne pouvait plus offrir poussèrent à quitter les lieux. Si l'été avait pu profiter à une faune et une flore plutôt abondante dans le secteur, l'approche de l'hiver aura de plus en plus raréfié tout cela, et la nécessité de se rapprocher des anciennes civilisations, quand bien même le risque était grand, se sera fait durement sentir. Décomplexé des hommes qui représentaient désormais moins une menace que les morts, les prédateurs devinrent vite un aussi grand problème que les contaminés. Au cœur d'une nature désertique, accablé de dysenterie diverse, le havre de paix se transforma peu à peu en tombeau. La ville de Terlingua aussi célèbre sous le nom de Ghost Town Texas, qui n'avait compté près de 200 âmes avant 2034, fut réduit à néant et son fameux cimetière devint une étendue de mort et de désolation qui ne faisait pas pâlir sa réputation.

Cherchant à gagner les territoires plus verdoyants et moins désertiques, ils échouèrent du côté de Three Rivers, au sud de San Antonio afin de finir l'hiver, profitant des abords d'un lac généreux en poissons, et profitant de petites villes très modestes pour essayer de trouver quelques médicaments et mettre un terme aux maladies qui rongeaient les effectifs, peu à peu. Ils retrouvèrent un semblant de stabilité jusqu'à l'arrivée de la seconde apocalypse.

Une rumeur leur parvint évoquant la présence d'un groupe militaire du côté de Corpus Christi, et de désespoir, ils se lancèrent à la poursuite de ces spéculations. Ce fut un véritable désastre, outre le fait que ça n'avait été qu'une fable et qu'aucun groupe armé ne s'était établi dans les parages, ils perdirent bon nombre de survivants. Ray avait été celui qui fut le plus convaincu de l'existence de cette communauté capable de les protéger, et dans cette folie bornée, refusant que cette quête ne soit qu'un cuisant échec, il continua, encore et encore. Bon nombre décidèrent d'abandonner pour sauver ceux qui restaient, partant à la recherche d'une planque où subsister. Dans son obstination et sa folie de trouver de quoi mettre sa fille à l'abri, il perdit la vie.


Dans quel(s) groupe(s) votre personnage a-t-il évolué ?

Rebecca est restée avec le même groupe du début à la fin, du moins en apparence. Car les allés et venu était nombreux dans les rangs, comme les pertes. Les professionnels du cinéma étaient restés soudés, autour de l'autorité naturelle des frères Steers, deux hommes autrefois responsables pyrotechniques et de l'armement sur le tournage qui aurait dû avoir lieu à Big Bend. Anna, cadreuse d'ancienne profession, avait eu à cœur de filmer autant que possible le monde, recueillant des multitudes de témoignages, emmagasinant sauvegarde après sauvegarde, les derniers pas de l'humanité. Ce fut une bonne partie du temps le leitmotiv du groupe, jusqu'à ce que l'énergie vint à manquer, et qu'il ne fut plus possible d'alimenter quoi que ce soit. Anna avait pris soin avant ça de faire plusieurs copies des images, confiées aux survivants sous forme de clé USB, afin d'augmenter les chances que cette histoire survive à travers le temps.

L'ainé Steers mourut à l'apparition de la seconde apocalypse, et son jeune frère, désemparé, ne parvint pas à retrouver la lucidité et le pragmatisme de son regretté parent. Influencé par l'idée bornée de trouver ce prétendu camp militaire, il prêta une oreille attentive aux élucubrations de Ray. Mais la réalité le rattrapa bien vite, et avant qu'il ne soit trop tard pour lui et une bonne partie du groupe, il quitta les recherches dans le but de s'établir sans attendre quoi que ce soit de qui que ce soit. Au plus fort de leur nombre, ils recueillirent près d'une cinquantaine d'âmes, jusqu'à la finalité, aux abords de Houston, où Rebecca se retrouva seule.

Par la force des choses, ils se nommèrent les Lionsgates, en rapport au logo représenté sur certaines des caravanes qui les avaient abrités un temps, la société de production qui les avait engagées.

Comment votre personnage a vécu la seconde apocalypse ?
Que ce soit au moment de la première ou la seconde apocalypse, Rebecca ne s'était montrée dans son investissement que très passive, ou du moins avec la prise du moindre risque. Surprotégée depuis sa plus tendre enfance par un père paranoïaque du plus minime problème qui pourrait lui arriver, jusqu’à la couvrir sous tous les aspects de sa vie - ses relations passées aux cribles en première cible, elle n’a jamais eu l’étincelle de rébellion ou de désir de "liberté". En réalité, ce cocon lui convenait, et elle se sentait vivre sereinement au contact des animaux qu’ils dressaient dans la ferme familiale. Elle n’exprima que peu de protestation alors qu’il préféra qu’elle reste en permanence dans le groupement sécurisé des caravanes, s'occupant des tâches logistiques et quotidiennes plutôt que de se risquer à l'extérieur. Lorsque la seconde apocalypse parvint, les premiers cadavres et les premiers témoignages rapportés sur l’existence de coureurs sonnèrent comme un châtiment insurmontable pour le groupe.

La nuit devint plus funeste que jamais, mais aucun des membres de sa communauté n’évoqua les premiers temps de probables nouvelles créatures bien plus terribles que les morts qui courent. En réalité, ils eurent très tôt maintenu pour consigne de ne jamais sortir la nuit, depuis presque les premiers instants et pour cause, à Big Bend, les animaux sauvages avaient fortement tendance à chasser une fois le soleil couché. Aussi, les disparitions qu’ils eurent d’un duo poussées par la nécessité de trouver du matériel médical d’urgence bien spécifique et en pleine nuit, furent attribués aux Autres, et aux coureurs, rien de plus. Mais ces derniers représentaient déjà une menace extrême pour eux. Comment pouvaient-ils accepter d'imaginer plus terrible ?

Leur campement reculé fut attaqué à l’approche de l’automne par un coureur, escorté d’une horde importante. Certains parmi les survivants de ce carnage furent persuadés que ce fut celui-ci qui les avait ramenés sur eux, évoquant dès lors la possibilité d'une certaine forme d’intelligence. C’est ce jour-là que l’ainé Steers fut perdu, celui sur qui presque tout reposait quand bien même il était d’usage de nommer les deux frères comme un duo de leader.

Rebecca, qui n’avait jusque lors jamais croisé de ces morts évolués, affronta la véracité de leur existence dans le chaos le plus absolu. Planquée dans une des caravanes qui avaient réussi à atteindre ce second campement, elle assista à la débâcle des siens, sans n’avoir rien fait pour l’en empêcher, ou même essayé. Ce fut l’arrivée d’une autre association de survivants, composé d’une petite dizaine de personnes, mais étonnement bien armé, qui évita la perte de tous. Attirés par les tirs, ils les aidèrent avant la fin de toute vie, puis exigèrent quelques récompenses en échange - ce qui priva le groupe d'une grande partie de leur ressource. Ce furent également eux qui évoquèrent l’existence de militaires sur la côte Est. Ray, de plus en plus plongé dans la tourmente de son besoin obsessionnel de mettre sa fille en sécurité, fut immédiatement convaincu que c’était la solution à tout leur problème. De son côté, Rebecca était bien plus mitigée, et si elle était presque persuadée que ces hommes étonnements réactifs lors de l'attaque en étaient peut-être pas étranger, mais elle n'osa contester la parole de son paternel.



Mentionnez des moments forts de la survie de votre personnage :

- Lorsque les premiers survivants se firent attaquer par des animaux féroces, les Coopers devinrent une sorte de bible pour aider la communauté à mettre en sécurité chacun d'eux. Les bêtes muèrent en un danger aussi important que les morts, mais avaient au moins l'avantage d'être quelque chose de connu, du moins pour les deux experts en faune sauvage. C'est certainement ce qui leur permis d'acquérir une apparente reconnaissance auprès du groupe, et Ray gagner en influence aux côtés des Steers qui s'imposèrent comme leaders.

- Arrivée avec une volière pour le tournage, composé d'une dizaine de rapaces, Rebecca et Ray décidèrent de leur rendre leur liberté. Les nourrir devenait contraignant et ils n'étaient plus en mesure d'assurer correctement leur sécurité et leur bien-être. Même si elle était convaincue que c'était la meilleure chose à faire, l'envolée fut une rude épreuve pour Rebecca, qui réalisa en même temps qu'elle ne rêverait sans doute plus tous les animaux qu'elle avait dressé depuis plusieurs années, et restés du côté de Los Angeles. Seul un d'entre eux décida de séjourner dans les parages : Thorondor, que Rebecca avait aidé à éclore de son œuf une dizaine d'année auparavant.

- La maladie comme les infections furent de nouveaux prédateurs qui emporta plusieurs d'entre eux. Loin de tout - ce qui avait l'avantage de les tenir écarté des menaces les plus importantes que représentaient les morts, et surtout privé de médicaments, la communauté fut contrainte de quitter leur pseudo tranquillité. Rebecca fut de ceux qui tombèrent rapidement malade, contractant la grippe et c'est sans doute ce qui motiva d'autant plus Ray à insister pour partir trouver de quoi les soigner. Certains décédèrent de pneumonie, mais Rebecca parvint à s'en remettre.

- Après leur fuite et voyage vers l'Est, le groupe s'installa au bord d'un grand lac pour essayer de profiter de l'apport en poissons. Mais l'attaque d'un coureur mit fin à ce qu'ils avaient pensé suffisamment protégé pour faire face sur du long terme. Une équipe armée arriva à temps pour stopper le carnage, mais les dépouillèrent presque de leur moindre bien ce qui les laissa plus que démunie et dans la nécessité de partir une nouvelle fois.

- La folle obsession de Ray pour trouver le camp de militaire vanté par le groupe qui les avait sauvé, condamna un bon nombre des membres restant de la communauté. Ils s'établirent sur les vestiges d'un ancien campement abandonné, enterrant les cadavres des précédents propriétaires pour prendre leur place, essayant de consolider les brèches, et se servant des petites cultures installées sur le toit du bâtiment pour survivre. Le cadet Steers décida de partir de ce lieu bien trop dangereux et la dizaine de personne désormais, se scinda en deux. Le vieil homme y perdit la vie sans que le moindre indice ne soit trouvé sur l'existence de cette communauté. Rebecca assista à sa disparition, le voyant se faire emporter par un groupe de mort qui le dévorèrent presque devant ses yeux, ce qui provoqua un déchirement insoutenable pour la jeune femme.

- Seule en compagnie d'Anna, devenue une très proche amie et Teresa, une figurante mexicaine qui s'était retrouvée comme elles coincées sur le lieu du tournage, la panique et le désespoir les prirent. Rebecca sombra dans une profonde dépression, ses compagnes d'infortunes tentant presque en vain de la résonner. Si elles envisagèrent un temps de chercher à nouveau Steers et les autres du groupe, elles finirent par se mettre d'accord sur l'idée de trouver un navire fonctionnel qui pourrait les emporter loin de tout ça.


Qu'est-ce que votre personnage a fait pour survivre ?

Très peu de chose en vérité. Rebecca était toujours tenue écartée des moindres excursions ou sorties hors du campement. Les deux choses qui la ronge néanmoins, sont son inaction lors de l'attaque du camp près du lac, restant planquée dans une caravane tandis que les siens tentaient désespérément de se défendre, et sans doute le fait de ne pas avoir essayé de raisonner son père quand elle comprit que cette quête serait une perte à tous les niveaux. Mais Rebecca est une personne fragile, et les morts successifs ont suffit à lui faire perdre pied.


Equipement Porté :
Capacité : 1/5
PDD 3C Fusées
-
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : Fusées
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/3
-
Contenants Personnels :
Dos 23/30
Grand sac
Torches (2)
Matériel de pêche (5)
Appâts (1)
Rations pour animaux (15)

Rebecca Cooper


Fiche de personnage
Points de RP:
 Rebecca Cooper Debuba1151/2000 Rebecca Cooper Videba10  (51/2000)
Etat Mental:
 Rebecca Cooper Debuba1075/100 Rebecca Cooper Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Rebecca Cooper

Mer 16 Mar 2022 - 13:18
Récit d'Arrivée à Houston

L’hiver s’était presque installé, la pluie fouettait d’un déluge surprenant, inondant d’un rideau d’eau presque opaque l’horizon, obstruant la vue à quelques pas au-devant. Le gris du ciel, aux nuages si lourds, se confondait avec le décor, et noyait les rivages sous un battement continuel. Chaque impacte sur la surface d’eau, s’étendant dans un lointain inaccessible, faisait onduler d’anneaux vibrants la mer d’apparence sereine. Le vent avait décidé d’accorder aux hommes, et autres créatures qui se souciaient encore du climat et des températures, une accalmie précaire, cessant le drame de sa vitesse pour laisser le temps aux cordes qui tombaient, de le faire verticalement et violemment.

Droite, debout, sur le bord de la plage, Rebecca ceinturait ses bras autour de son buste, ses deux mains apposées aux avant-bras opposés pour chercher à maintenir au chaud les plus vitaux de ses organes. C’était plus une posture inconsciente qu’une réelle réflexion en l’état, tous ses membres tremblant d’être ainsi soumis aux affres d’une météo colérique. Ses cheveux trempés collaient sa peau sur la hauteur de son front, malgré la capuche de son anorak qu’elle avait tenté de rabattre le plus possible, laissant les gouttes glisser sur ses tempes, balayer la courbe de ses cils, dégringoler sur ses joues, contourner ses lèvres et s’échouer à la pointe de son menton avant d’en ruisseler plus en bas. Ses dents claquaient si fortement, qu’il lui était difficile de percevoir le moindre bruit extérieur, de toute manière plongé dans son propre brouhaha mené par la cadence folle de la pluie sur la roche.

Ses pieds ne s’enfonçaient guère dans un sable perméable, comme l’aurait sans doute exigé la coutume d’un tableau côtier, mais s’implantaient sur la rigidité d’imposantes pierres taillées - car leur forme n’avait absolument rien de naturel, s’alignant le long d’une jetée qui se perdait vers l’Ouest, sans savoir vraiment la distance que prenait ce passage vers le large. Longer le bord d’eau pour remonter vers Houston par le Sud avait été une véritable épreuve, en cause davantage la géographie des lieux que les menaces, bien que les deux allaient après tout de pair. Le regard de la femme était figé, contemplatif d’un monde plus déconnecté encore de cette pernicieuse et silencieuse tempête, ne s’ancrant dans son existence que par les sensations extraites de son corps, du froid qui la cloisonnait, de la faim qui la tiraillait, de la fatigue qui l’écrasait, et finalement de cet indicible sentiment qu’il n’y avait plus rien de bon dans ce monde pour continuer à vivre. Son esprit lui hurlait presque de faire un pas devant l’autre, de s’avancer dans le vortex grisâtre qui englobait l’horizon, et de s’égarer dans la quiétude des eaux où tout ne serait qu’un écho lointain avant de sombrer. Peu de chose la séparait de sa finalité, le vague à l’âme, ses idées s’abandonnant dans leur noirceur. Juste un élan à avoir, un dernier souffle à pousser, une décision à adopter, ici et maintenant.

Mais tandis que son esprit dérivait jusqu’à se perdre dans de profondes ténèbres, une main s’apposa à son bras d’une pression si lourde, portant la mesure d’une force certaine qu’elle fut immédiatement prise de panique. Si elle n’envisageait plus aucun avenir, elle refusait cependant d’être victime d’un mort et de rejoindre leur rang inanimé. C’était une idée qui révulsait son estomac et vrillait son cœur, faisant ressurgir les derniers instincts de survie qu’il lui restait, parmi ceux qu’elle ne parvenait à faire taire. Son geste réflexe fut brutal, mais aussi bien il aurait été plus qu’inutile si le prédateur, qui venait de faire main basse sur elle, avait été l’un de ces odieux coureurs. Mais comble de chance, son effaroucheur était bel et bien vivant, redressant les deux paumes ouvertes au-devant pour lever tout doute quant à son hostilité. L’afro-américaine avait été tout aussi surprise de la réaction que sa vis-à-vis, bien que peu étonnée, se contentant de tenter d’apaiser son amie à qui elle avait fait frayeur.

« C’est moi, Becky. C’est moi. Ça va ? Tu me répondais plus, j’ai eu peur que tu aies un malaise. » S’enquit Anna aussitôt, tout en rabaissant ses mains, son regard promenant dans son dos pour vérifier que rien ni personne ne venait les déranger. Sa voix avait été poussée dans une tonalité de plus qu’usuellement, pour passer outre la descente raide de la pluie.

« Oh... Anna... »

Tout retomba d’un seul coup, et même la perspective de ses idées noires, soufflant le bord de ses lèvres et l’extrémité de son nez pour en ôter les gouttes persistantes.

« Terry a trouvé un voilier avec une coque en état. La cale est sèche, on peut s’y abriter. Viens. »

Les iris assombris de la Californienne remontèrent le long de la jetée, dans le sens où la Mexicaine avait disparu. Elle y discerna une silhouette d’ombre, agitant une main vers l’horizon, son contour des plus flou perdu dans les embruns d’un épais nuage très bas. Elle ne pouvait pas vraiment dire non, elle ne parvenait pas non plus à dire oui, alors elle se contenta d’infléchir le visage, recroisant ses bras autour de sa poitrine et entama la route dans la direction indiquée, progressant avec une prudence mesurée sur la roche glissante, son amie à ses talons.

***

Elle avait l’impression d’être dans sa si familière caravane, si on omettait le roulis incessant du navire, ce qui d’ailleurs lui donnait la nausée. Mais l’étroitesse des murs et la proximité des personnes lui procuraient plus qu’un sentiment de bien être. Les yeux clos, elle s’adonnait à quelques rêveries, sillonnant les brides lointaines de sa mémoire qui la ramenait systématiquement à un doux songe. Elle pouvait presque sentir le parfum si caractéristique de sa résidence. Ici, tout avait été laissé à l’abandon, pour une raison qui dépassait sans doute l’imagination collective. Aucun mort pour entacher l’intérieur, sinon quelques traces de sang qui avait peinturé un pan des sièges qui entourait l’espace commun carré. Mais Becky avait trouvé refuge à l’opposé, défait de son gros manteau mouillé pour espérer qu’il sèche un tant soit peu dans ce lieu abrité du temps bien que très humide. Elle s’était même débarrassée de son jean détrempé et s’était glissé dans une salopette de quart côtière qui empestait le vieilli, mais qui lui octroyait au moins l’avantage de la protéger.

Anna avait accueilli son répit en offrant son bras à sa proximité, et le front de son amie reposait sur son épaule de flanc. La pluie persévérait, battant son rythme, percutant la coque et les petites fenêtres de Plexiglas du navire qui continuait de sensiblement s’agiter. Elles étaient presque plongées dans le noir, la luminosité extérieure ne parvenant à percer que difficilement dans l’habitacle, laissant l’absence de mots s’installer à défaut du silence. Elles savaient que tout ceci n’était qu’un interlude dans leur périple. Elles n’avaient plus de vivre, et plus de quoi survivre. C’était un voilier sans voile, un bateau sans possibilité d’aller loin sinon se soumettre à une dérive perpétuelle. Et puis, le temps n’était pas à une excursion sur l’horizon grand bleu.

Rebecca sentait contre elle la femme s’agiter de forts soubresauts, grelottant pourtant à l’abri sous une épaisse couverture en laine qui n’avait qu’à peine pris l’eau. Anna avait eu la judicieuse idée de planquer quelques affaires de rechange dans un sac en plastique hermétique, contrairement à son amie qui avait retrouvé les siennes trempées également. Mais ça n’avait pas suffi à faire taire le froid qui la saisissait jusque dans ses entrailles. Une toux saccada d’autant plus ses tremblements, forçant la Caucasienne aux iris pistaches, à lui accorder une attention nouvelle.

« Ça va ? »
« J’ai trop froid… bon sang… »

En face, Teresa semblait s’être endormie, épuisée par le périple qu’elles avaient dû faire avant de trouver ce lieu précaire, mais plus sécurisé que n’importe quelles maisons en bord de route. Elle s’était étendue sur toute la longueur de sa propre banquette, bien enrobée dans un épais sac de couchage qui se rabattait presque par-dessus son visage. Juste en dessous, un anneau de métal brisé se balançait au rythme du tangage. Elles avaient lutté pour ouvrir ce coffre cadenassé, mais il ne fut pas vide de promesses. Au milieu de deux gilets de sauvetage, et d’une tenue complète, imperméable — dont Rebecca avait ponctionné le pantalon, Anna le polaire et Teresa la parka, elles avaient mis main basse sur quelques fournitures de détresse. D’un commun accord, elle avait décidé d’attendre que la pluie cesse pour en faire usage, histoire de maximiser leur chance. Le navire vacilla plus largement, sentant la bosse d’une vague le porter avant qu’il ne s’affaisse enfin en raclant contre la jetée. Tout contre elle, elle sentit son amie lui prodiguer une chaleur étonnamment importante.

« T’es brûlante. » Souffla Rebecca qui prenait ceci avec une intense et rapide inquiétude.

Mais un balancement plus virulent et rude que les autres forcèrent le duo à prendre appui pour de pas tomber. En face, Teresa se réveilla en sursaut, observant vivement les alentours, leur bateau subissant une nouvelle ruade, frottant durement contre la digue amortie de pneumatique. Cette fois, le vent s’était levé, faisant claquer les cordages et mousquetons métalliques attachés à l’extérieur. Peu de chance que le voilier ne s’échappe pour le moment, mais elles n’étaient pas à l’abri d’un redoublement d’intensité, et leur abri se transformerait vite en un tombeau pour elles. A cette pensée, tandis que l’appréhension grimpait tout autant que la panique de ne savoir quoi faire entre fuir ou rester planquée, la Mexicaine s’expulsa hors du sac rembourré qui avait accueilli son sommeil.

« Il faut doubler les amarres et leur donner un peu de moues. Il faut l’attacher au mât. » Lança-t-elle avec assurance, et sans doute d’expérience dans le domaine dans un accent à couper au couteau tout en attrapant son manteau trempé dont elle s’était débarrassée pour se mettre au sec.

Le regard de la Californienne passa de l’une à l’autre des deux femmes, indécise sur ce qui était attendu d’elle, avant de repousser sa couverture, et l’affaler tout autour d’Anna.

« Reste-là, je vais aller l’aider. » Affirma-t-elle, s’emparant de son propre anorak, avant de se plier pour franchir la petite porte.

***

Assise sur la digue, les jambes étendues sur les blocs de roche qui accueillaient son inactivité, Rebecca restait figée, prostrée, déphasée. Le vent, tout comme la pluie, après de nombreuses heures de déferlement, avait fini par s'interrompre. Et si le soleil n’était toujours pas au rendez-vous, et que le froid s’insinuait sur chaque zone humide de son corps, filtrant au travers des diverses épaisseurs de ses vêtements, l’accalmie permit d’envisager une suite au périple. C’était pourtant sans compter sur sa condition. Bien que les eaux ne tombaient plus du ciel, un ruissellement incessant continuait d’imprégner les joues de la jeune femme solitaire, redoublant d’ardeur à mesure que des images successives inondaient son esprit.

Elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi. Pourquoi Dieu s’était évertué à la laisser vivre, elle qui était sans doute la plus incapable de tous, tout en retirant ses amis les uns après les autres. Était-elle maudite au point que son châtiment serait de contempler sans pouvoir agir la chute de l’humanité, et même plus que cela, celle de ses proches et tous ceux qui s’attachaient à elle ? Toute son existence, elle avait eut quelqu’un auprès d’elle pour veiller sur elle, la protéger et l’aider. Certes, elle n’en était pas incapable pour autant, dans un monde normal tout du moins, mais la vie n’avait plus rien d’une banalité, et les soucis d’autrefois n’étaient plus qu’une vaste plaisanterie désormais. Dans cet Autre Monde, elle n'était plus qu'une épine dans le pied.

Sur le ponton du navire, alors que le vent gagnait d’intensité, elle avait aperçu un câble tendeur lâcher d’usure, et dans son élan, fouetter violemment le visage de Terry, lacérant sa peau d’une profonde déchirure, avant que dans le déséquilibre provoqué, elle ne tombe à l’eau et n’en émerge jamais. Emportée, comme elle l’avait elle-même presque souhaité, dans le tumulte de la mer.

Elle avait beau avoir hurlé son prénom et désespérément cherché de voir une tête, aussi balafrée soit-elle, sortir de la surface, rien ne vint sinon plus de houle et plus de vagues encore. Alors elle s’était repliée dans la cabine, retrouvant la proximité d’une Anna toussant et souffrante. Un déferlement brutal l’avait déséquilibré à l’instant même où elle refermait la petite porte d’accès, son front frappant durement contre la paroi qui la sonna un instant avant de provoquer son évanouissement. À son réveil, la moitié de son corps trempait dans une eau glacée. Le bateau avait cessé de s’agiter, retournant à un calme certain, bien que toujours mobile. Elle sentait les mouvements de la mer transcrits par le ballotement du liquide qui l’immergeait partiellement. Son crâne lui faisait un mal atroce, mais elle comprit vite qu’une brèche venait d'inonder l’intérieur, le niveau montant lentement, mais assurément. Si elle restait en ces lieux, elle finirait noyée.

Alors elle avait essayé de prévenir son amie, qui reposait non loin sur la banquette, son visage flanqué d’une pâleur étrange, ses yeux grands ouverts figés dans une fixation sans fondement. Rebecca avait eu du mal à se faire à l’idée qu’Anna n’était plus, la secouant, criant et hurlan, avant de fuir la bicoque qui sombrait. Elle avait emporté avec elle les deux sacs à dos laissé dans la cabine et remplis de leurs dernières trouvailles.

Et à présent, elle demeurait là, assise à contempler sa débâcle, à ne pas savoir ce qu’elle aurait pu arrêter ou endiguer, accablé par la fatalité et sa solitude. À ses côtés, le mât du navire dépassait à peine de la surface. La coque avait plongé dans le fond, reposant sur le lit de rocaille et cédé au royaume de Poséidon, détenant en son coeur le corps de l'afro-américaine dont elle ne su si c'était la maladie ou autre chose qui l'avait arraché. Et devant elle, le pistolet flanqué d’une teinte rouge flamboyant. Un trésor à ses yeux dont elle ne parvenait à trouver le courage d’en faire usage, sombrant peu à peu à ses démons, maintenant que personne ne pouvait plus l’empêcher de chuter.

Ses doigts frigorifiés s’articulèrent près de son col, sortant la clé USB suspendue à un pendentif, et qui avait assuré son intégrité. Ça avait été un symbole, une foi, qui s’était étiolé au fil du temps, mais Anna avait été convaincue de son importance.

« On ne le fait pas pour nous ni pour l’Histoire, on le fait pour eux. Pour tous ceux qui ont laissé leur visage sur ce film, leur témoignage, leur message. Pour ceux qui sont partis, c’est un peu notre devoir, d’essayer de les faire vivre le plus longtemps possible. »

Un souffle écarta doucement les lèvres jusqu’ici scellées de la jeune femme, repensant à cet héritage qu’elle ne pouvait abandonner et de ses croyances qu'elle ne pouvait trahir. Alors elle s’empara du pistolet de détresse, son bras s’étendant vers le ciel, son regard s’y braquant. Pour son père. Pour Anna. Pour Ben. Elle pressa la détente.

Equipement Porté :
Capacité : 1/5
PDD 3C Fusées
-
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : Fusées
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/3
-
Contenants Personnels :
Dos 23/30
Grand sac
Torches (2)
Matériel de pêche (5)
Appâts (1)
Rations pour animaux (15)
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