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Forum JDR post-apocalyptique dans un monde contemporain alternatif en proie aux zombies, à des créatures pires encore ainsi que des événements surnaturels.
 

Carl Aiden Wilson
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Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
Carl Aiden Wilson Debuba1149/2000Carl Aiden Wilson Videba10  (49/2000)
Etat Mental:
Carl Aiden Wilson Debuba1090/100Carl Aiden Wilson Videba10  (90/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Mer 1 Déc - 21:09
Fiche d'identité

Prénom(s) : Carl Aiden

Nom : Wilson

Né(e) le : 11/11/2007

À : Denver, Colorado.

Métier : Ouvrier du Bâtiment.

Particularité(s) : La seule particularité de Carl est une tâche de naissance très noire à la cheville droite ressemblant étrangement au continent australien.

À-propos

Thème musical :


Feat : Liam Hemsworth
Type : Ressuscité

Description physique

Grand d'un mètre quatre-vingt-neuf pour quatre-vingt-deux kilos en moyenne, Carl a un physique sans doute très plaisant pour la gent féminine, mais assez banal dans l'ensemble. Né blond, sa chevelure est devenue très sombre avec les années, arborant aujourd'hui un noir prononcé que seul le soleil éclaircit suffisamment pour en dissimuler l'excès de sa couleur. Son visage très ovale plus jeune s'est arrondi à l'âge adulte et s'il a longtemps pris soin de se raser, ses deux années de prison lui ont appris à porter la barbe qui lui offre un certain charisme, le fait sembler plus vieux que son âge et surtout donne une impression générale plus affirmée, ses expressions de figure plus fortifiées.

Il a toujours été mince jeune, si bien qu'avant d'expérimenter la rue et de s'endurcir par la musculation, il subissait quotidiennement les moqueries de son entourage à cause de son corps de « crevette » dont on voyait les os, ce qui a bien heureusement changé grâce au sport et sa stature est désormais honorable sans être excessive. Il a naturellement des abdominaux et des pectoraux dessinés qui ont tendance à attiser la jalousie, mais pas de quoi le flanquer de l'expression « tablettes de chocolat » concernant le bas, ou faire de grands yeux. Ne lui demandez pas non plus de faire ressortir toutes les veines des adorateurs de la gonflette, c'est peine perdue.

Pourtant, lui-même n'a jamais vraiment pris conscience de ses atouts d'homme adulte, marqué par la dévalorisation durant sa jeunesse de vilain petit canard peu agréable à toiser et chétif, il s'est débarrassé de ses complexes sans avoir de prétention pour autant. Ses jambes et ses chevilles sont encore plus musclées et son fessier plutôt pourvu, ce qui lui épargne la « taille en V ». Outre ses quelques avantages corporels qui attirent les regards, sa discrétion et sa simplicité lui permettent de ne pas être le centre d'attention, ce qu'il n'aime guère et en tant que survivant, il est physiquement assez passe-partout - sauf par la taille - et oubliable, sa hauteur et sa solidité le faisant robuste sans pour autant avoir l'air d'un roublard ou de paraître menaçant de façon générale.

Sa bonne tête est prompte à susciter la sympathie des gens bienveillants et l'agacement de ceux qui le sont beaucoup moins. Lorsqu’il ouvre la bouche en revanche, il projette une voix grave et assez rocailleuse qui perturbe les premières impressions et crispe quand il surprend quelconque individu qui ne s'attendait pas à l'entendre. Sa démarche posée et droite n'est ni agile ni rustre, il a coutume de courir de manière réfléchie, sans marteler le sol ni le frôler des orteils, pas de quoi le considérer comme un stratège du mouvement. Même ses accès de colère ne sont jamais très emportés ni explosifs.

Son langage n'est ni riche ni lourdaud et les grossièretés ne sont pas dans ses habitudes. Pour finir, il est très sobre dans ses préférences vestimentaires : tee-shirt ou chemise sans artifice ni marque, gilet ou veste, jean simple et ceinture classique, baskets ou bottes, rien n'est extravagant chez lui. Il n’endosse pas de montre ni de bijou et ne frime jamais avec des lunettes de soleil, ses couvre-chefs favoris les quelques fois où il en porte, souvent à cause de la météo, sont les casquettes en été et les bonnets en hiver. On lui a toujours dit qu'il avait une tête à chapeau et qu'un apparat de vrai cow-boy lui irait à merveille, mais ça ne l'a jamais véritablement inspiré avant que sa mentalité n'évolue avec le « monde d'après », sa façon d'être également impactée.

Description psychologique

Carl est un garçon qui a eu beaucoup de problèmes dans sa jeunesse et qui, dès lors qu'il eut purgé sa peine, s'efforça de se racheter une conduite, changeant radicalement pour être un adulte équilibré et tranquille. Il n’affectionne pas les conflits et s'il a été bagarreur - amateur - par le passé, prenant autant de raclées qu'il en donna lui-même, il marque depuis une profonde volonté pacifiste, évitant la violence autant que faire se peut. C'est un amoureux de la nature vivant une véritable histoire avec l'environnement forestier et qui respecte le monde animal, considérant ce dernier comme un ensemble d'espèces certainement plus nobles et méritantes que la race humaine, bien qu'il ne soit pas pour autant stupide sur le fait que dans ce monde qu'il aime tant, il n'en reste pas moins que la loi du plus fort prime et qu'il est coutume pour un grand nombre de bêtes et d'insectes de dévorer son voisin avec ignominie. C'est sa façon de voir l'humanité d'ailleurs : un rassemblement d’organismes aux aspirations plus ou moins bonnes ou mauvaises, variant de personnalités entre les profiteurs, les criminels, les égoïstes, les égocentriques et divers individus narcissiques et avides de pouvoir, comme il existe des gens loyaux, charitables, pleins de compassion ou tout bonnement désirent une vie simple et paisible, ainsi que lui-même l'a tant souhaité.

Ce ne fut pas toujours ainsi, son adolescence difficile l'ayant amené jeune adulte à s'adonner au braconnage dans le seul but de se sentir puissant, maître de lui-même et d'autres créatures qu'il tuait par pur plaisir. Ce fut la plus grosse faute de sa vie et il en garde de profonds regrets. Par la suite, il a fait en sorte de cesser la chasse irréfléchie, quérir le pardon et a trouvé son identité, citoyen sans histoire capable d'apprécier les choses simples et conscient que les erreurs se paient, de la même manière qu’il est pertinent de travailler dur pour obtenir ce que l'on veut. Malheureusement, l'apocalypse ne l'a pas laissé aller au bout de ses projets et l'a plongé dans une réalité austère et cruelle où chaque jour est nimbé de tristesse en ce territoire étranger à celui qui fut le sien. En tant que survivant, il a un esprit pratique et pragmatique : il vit au jour le jour comme tous les autres et ses objectifs sont mécaniques.

Trouver de la nourriture, de l'eau, de bons vêtements, de quoi se réchauffer lors des nuits froides, fatalement une arme ou deux, ce qu'il faut pour pouvoir se défendre si nécessaire et par-dessus tout rester prudent, ne jamais se jeter dans une situation sans réfléchir, rester méfiant de tout ce qui l'entoure. S'il faut se défendre, il se défendra, mais il fait son maximum pour ne pas devoir en arriver là. Confronté à une menace, qu'il s'agisse de pillards, de cinglés ou même de morts-vivants, il a un procédé clair : s'il peut éviter la menace, il fera tout pour la contourner, ne pas la provoquer, rester discret. Si malgré sa volonté prioritaire il n'a vraiment pas le choix, il usera de son arme tout en essayant d'échapper au maximum à un bain de sang, tâchant de faire preuve de ruse par exemple, d'intimidation voire même de négociation - avec les vivants. Il n'est pas habité par la colère, acceptant son sort comme celui du monde, se convainquant avec beaucoup de chagrin que s'il est arrivé ce qui a eu cours, c'est que l'humanité l'avait suscité quelque part. Une pensée bien sévère pour tous les innocents, qu'ils aient été hommes, femmes et surtout enfants, n'ayant pas mérité la mort atroce qu'ils ont subie ou qui subsistent aujourd'hui dans la douleur et la peine, confrontés à d'affreux traumatismes comme la plupart des rescapés.

Il n'est pas un héros ni un justicier et ne prétend pas l'être, il se voit tel qu’il est, un homme qui cherche à sauver sa peau et survivre à sa toute petite échelle se résumant à lui-même dans l'absolu. Son obstination à éviter le bain de sang se focalise essentiellement sur sa peur de se laisser dévorer par ce monde absurde et de devenir ce qu'il déteste, prendre goût à la violence, perdre sa passion et sa compassion. De là à anticiper qu'il agirait avec lâcheté ou permettrait à des choses horribles se dérouler en détournant les yeux pour ne pas risquer de s'impliquer, c'est difficile à dire. Qui sait ce dont il serait capable s'il devait être mis au pied du mur. Enfin, il n'a jamais vraiment su s'intégrer à un groupe et a toujours fini par quitter ceux qu'il a croisés et qui ne cherchaient pas à le voler ou le tuer, se préservant de tout lien qui pourrait le faire souffrir, car il sait que lorsque la mort se lance à l'assaut, l'individu n'a aucune prise sur rien et encore moins sur son entourage et son destin. Une philosophie impossible à appliquer en pratique cependant.

Alors il continue d'avancer et de survivre, sans savoir où il va ni dans quel but persévérer. Est-ce que tout cela a la moindre importance ? Probablement pas. Du moins c'est ce dont il s'était persuadé, jusqu'au jour où ce fut à son tour de s'éteindre dans les bras consolateurs de la faucheuse, le libérant de sa piteuse condition.

Histoire

Né dans la ville de Denver, d'une famille originaire du Yorkshire (Angleterre), Carl Aiden Wilson est le fils unique de Philip Wilson, gardien de prison, et de Serena Wilson, vétérinaire. Les premières années de sa vie le virent grandir dans une atmosphère heureuse, sa famille se plaisant à son quotidien sans histoire, côtoyant de près les animaux puisque le cabinet de sa mère avait été aménagé dans leur propre maison, ce qui amenait souvent Carl à y faire son apparition, provoquant l'attendrissement des maîtres et maîtresses de ces bêtes, car le garçon était fort mignon. Dès ses neuf ans, il jouissait déjà d'une certaine indépendance. Quand il n'était pas à l'école, il faisait de la natation tous les lundi et vendredi, initié très jeune à la nage sous l'impulsion de ses parents et il pratiquait en parallèle le judo chaque mardi et jeudi. Parfois, essentiellement en fin de journée ou quand il avait la joie de ne pas être contraint par une journée sur les bancs de l'école, et surtout lorsque sa mère avait le temps, il assistait aux soins vétérinaires qu'elle administrait, elle qui prenait beaucoup de plaisir à lui montrer ce qu'elle faisait. Choyé par des parents aimants, il avait connu une enfance vraiment tendre et paisible. Ce fut ainsi jusqu'au jour où son père décéda brutalement, tué par un prisonnier qui lui trancha la gorge avec un couteau issu du marchandage, un horrible drame qui occupa les gros titres dans les journaux locaux et provoqua l'émotion des citoyens. Pour le fils Wilson d'une poignée d'années, il s'agissait là de la confrontation directe d'avec la mort qui avait bien trop l'apparat de la réalité à nue, cruelle, rupture avec l'innocence qui traumatisa d'autant plus le pauvre enfant qui avait toujours idéalisé son père en l'imaginant surveiller les méchants dans un environnement domestiqué ; le paternel traditionnellement érigé en héros que rien ne pouvait atteindre.

À la suite du décès du père et mari, le reste de la famille Wilson meurtrie alla rejoindre le proche cousinage qui habitait à Huntsville, au Texas, dans le comté de Walker. Pour l'essentiel, c'était une province campagnarde où il n'y avait rien à y voir et rien à y faire, ennuyeuse à mourir. Grisaille des journées qui se succèdent, éternel retour du même refrain d'un quotidien moribond, du même boire festif et des mêmes déboires scolaires, à perte de vue, et de temps ; des études bâclées et une lâche participation au mode de vie des étudiants du lycée qui le lui rendaient bien. On le prenait en effet pour un marginal en général, certains le gratifiant du doux qualificatif, très intelligent au demeurant, d'attardé mental. Et pour cause : il était devenu taciturne depuis la mort de son père et leur déménagement, au grand dam de la gent féminine du lycée qui, le trouvant fort beau garçon, ne pouvait toutefois se résoudre à s'afficher avec un tel individu pour les plus populaires, tandis que les autres intéressées n'osaient tout simplement pas l'aborder, lui-même restant distant. Une seule source de consolation : la ville de Huntsville ne s'appelait pas ainsi pour rien, car elle se situait non loin d'une forêt qui, hier encore dirait-on, servait de grand terrain de chasse.

Carl fréquentait souvent le Huntsville State Park, organisant avec ses très rares amis des courses d'orientation et des nuits de camping, y trouvant là les plus plaisants amusements dans un environnement qui l'inspirait plus qu'il ne l'aurait imaginé. À sa sortie du high school, il refusa de faire des études supérieures malgré l'insistance de sa mère, qui en réalité l'exigeait. C'est à partir de cette époque qu'il commença à tirer au flanc, ne trouvant pas son identité et plein de rancœur. Rien de trop méchant cela dit par rapport au pire imaginable : quelques menus larcins, un peu de détérioration du patrimoine public, du vagabondage, de la consommation d'alcool alors qu'il était mineur... des petits délits en somme qui le condamnèrent plusieurs fois à des travaux d'intérêt général. À moitié vagabond, car il passait de moins en moins de temps chez lui, au profit du dehors, des quelques amis disponibles et de la forêt où il avait trouvé à force d'exploration une vieille cabane qu'il réussit à retaper - approximativement - seul pour le plaisir, il vivait aux crochets de sa mère et de son oncle. Deux personnes qui s'étaient montrées très indulgentes jusqu'alors face aux colères, aux mensonges, aux impertinences et aux calomnies du jeune homme rebelle. Il fallait bien que jeunesse se fasse et quand le souvenir du père parfait demeurait, c'était encore plus pénible à vivre pour les autres, mais surtout pour le concerné.

Elle cessa de se faire lorsque, à vingt ans, Carl alla encore plus loin et sous l'influence de quelques individus, plus âgés, peu fréquentables et respectueux du monde animal, encore moins que du monde tout court, il se mit à abattre au fusil qu'il avait appris à manier auprès d'eux de plus en plus d'animaux, prenant goût à tuer pour le plaisir, le sport et les trophées, il trouvait au travers de son fusil acheté illégalement bien sûr, une forme d'emprise sur le monde qui l'entourait et surtout un sentiment de force et de domination dont il se sentait cruellement démuni. Il multiplia les chasses violentes et illégales, liquidant de nombreux spécimens dont des membres d'espèces protégées comme le loup rouge, jusqu'à ce que ses camarades et lui soient découverts par les gardes forestiers et arrêtés par la police, le jeune adulte condamné à purger une peine de deux ans de prison et de vingt mille dollars d'amende.

Durant son incarcération au pénitencier de Huntsville Unit, il fut confronté à la dure vie de prisonnier, d'autant plus perturbé et colérique qu'il se sentait devenir l'homme qui avait tué son père, parmi d'autres tueurs et violeurs de ce nouvel environnement d'existence. Huntsville Unit étant la seule prison habilitée à pratiquer la peine de mort au Texas, on y trouvait les pires crapules de l'état et le garçon devenu homme connu des jours difficiles. Contraint à rejoindre l'un des nombreux clans de détenus pour ne pas être bouffé par la masse alors qu'il les haïssaient tous, il n'échappa pas aux nombreuses bagarres, règlements de compte, harcèlements et il reçut même - à l'occasion d'une rixe - un coup de poignard près du foie, ce qui nécessita une longue période d'hospitalisation. Grâce à sa solitude, il eut tout le temps de sortir du giron de la violence et de la mauvaise influence pour réfléchir à celui qu'il était devenu et à ce que son défunt père aurait pensé de son fils unique, qui s'était retrouvé de l'autre côté des barreaux.  

Il avait successivement regretté, haït et aimé son père par-delà la mort, autant qu'il s'était méprisé lui-même, mais pour la première fois de sa chienne de vie, il ressentit une profonde honte face au reflet de sa propre déchéance. Si bien que durant le reste de son séjour en prison, il se décida à changer du tout au tout, cessant d'être provocateur et de participer idiotement aux confrontations, quittant son « clan » pour passer le plus clair de son temps libre à la bibliothèque du centre carcéral, afin d'y rester au calme et de lire. Lire devint son passe-temps favori et il engloutit de nombreux ouvrages, que ce soient des romans, des biographies de personnalités comme Gandhi, Martin Luther King ou encore Mickael Jackson, entre autres, beaucoup de bouquins sur la philosophie, l'histoire ou encore la sociologie. En quelques mois, il devint un jeune homme très apaisé et tranquille, ne niant plus ses actes et les assumant pleinement, acceptant l'autorité des gardiens sans rechigner pour le principe comme il avait pu le faire, devenant aimable et poli, si bien qu'il parvint à éviter les prisonniers les plus dangereux et à aspirer à la paix en restant à l'écart des situations dangereuses. Il en vint même à sympathiser avec certains gardiens et les quelques visites au parloir auxquelles il eut droit surprirent fortement sa mère et son oncle qui constatèrent à quel point Carl avait changé, lui qui était plein de regrets pour ce qu'il avait fait subir à sa famille.

Il avait aussi appris à comprendre les autres prisonniers, du moins ceux qui n'étaient pas totalement détraqués, ce qui les avait amenés ici et compris qu'il n'y avait pas simplement des « méchants » d'un côté, et les autres en face. Il y avait des raisons, un environnement, le désespoir aussi, énormément de nuances et Carl perdit beaucoup de ses préjugés. À sa sortie, il dut vivre de missions en tant qu'ouvrier sur des chantiers dont la maigre rémunération parvenait à peine à le nourrir une fois le loyer de son taudis payé, puisqu'en tant qu'ex-criminel aux yeux de la communauté, il était mal vu en dépit de son attitude des plus paisibles et de son honnêteté nouvelle. Mais Carl s'en accommoda, bien conscient que c'était le résultat de ses fautes passées et qu'il faudrait faire avec jusqu'à pouvoir améliorer sa situation. Il reprit d'ailleurs ses études en travaillant beaucoup le soir et en parallèle de ses missions de boulot, dans le but de décrocher un diplôme.

À la fin de l'année 2033, un jour qu'il franchissait comme à son habitude l'orée de la forêt qu'il avait retrouvé à sa sortie de prison avec grande satisfaction et plaisir, s'étant notamment imposé des tâches en son sein pour se faire pardonner de ce qu'il avait infligé à ses habitants, il fut attiré par du boucan et en y allant, assista à la confrontation relativement pacifiste, mais virulente entre des militants écologistes et les gardes forestiers. En date de la création d'une énergie propre sur la base du réacteur ITER, ils ne se souciaient désormais plus que de la catastrophe en cours depuis des années en Afrique, trouvant intelligent d'aller protester contre le gouvernement en se basant sur les dires des journalistes « indépendants » dont le contenu n'était pourtant pas plus vérifiable qu'ailleurs. Ils avaient fait de la forêt un lieu d'occupation politique, contrevenant systématiquement au travail des responsables administratifs locaux. Carl avait d'ailleurs reconnu parmi certains d'entre eux d'anciens camarades de lycée. N'ayant pas entendu parler de son passé difficile, ses anciennes connaissances le remarquèrent et l'enjoignirent à rejoindre la lutte, ce que Carl s'empressa de refuser, lui qui n'avait vraiment pas envie de se lancer dans une croisade sans fond pour une cause qui n'avait, à son sens, ni sens ni justification. Ce qui fut le plus pénible pour lui, ce sont ses perspectives de promenade en forêt sérieusement freinées en cause de ces écologistes qui ruinaient la tranquillité de l'endroit.

Peu après, Carl passa des examens en candidat libre et eut le plaisir de découvrir plus tard qu'il avait réussi les épreuves et décroché son diplôme, pouvant alors commencer à envisager un meilleur avenir, ou plutôt un avenir tout court. Un matin de mars, en arrivant sur un chantier, il entendit des collègues parler des informations de la veille à propos de gens qui avaient attaqué d'autres gens, des choses de ce genre et bien sûr, Carl n'y fit pas attention, lui qui n'était pas du tout intéressé par la télévision, plutôt rôdé à la réalité brutale de ce monde en décrépitude de son subjectif jugement, il se fichait en vérité royalement de ce qui pouvait arriver ailleurs tant qu'il avait la paix. Cependant, il entendit de plus en plus fréquemment parler d'histoires d'agressions et de meurtres sanglants dans de grandes villes du nord des États-Unis, que ce soit au travail, en faisant ses courses ou même en percevant quelques discussions dans la rue, tout le monde ne parlait plus que de cela ; d'abord en l'apparat de faits d'hiver très médiatisés, puis peu à peu, un sentiment de franche inquiétude s'installa dans la ville. Finalement, Carl se décida à s'y intéresser, préoccupé par tout ce qu'il entendait et il se rendit chaque jour au bar de son quartier afin de suivre les informations.

Ensuite, ce fut le déclin. Dès le début avril, le mot contamination est prononcé pour la première fois et de concrètes mesures sont prises contre ce qui semble être une sorte d'épidémie. Les cas de gens enragés massacrant des passants sans aucune justification et dans d'horribles circonstances grimpant en nombre alarmant, dès lors, ce sont tous les gens du quartier, où presque, qui se retrouvaient au bar pour suivre l'actualité et la peur gagna progressivement le cœur des locaux, les chantiers diminuant d'activité jusqu'à s'arrêter complètement. La perspective d'une épidémie qui se répandait dans le pays même et la nature ultra-violente des attaques aléatoires captèrent l'attention générale, la crainte que cela dégénère dans tout le pays et jusqu'au Texas, bien présente. Après quoi, ça arriva, on utilisera le terme virus tandis que des quarantaines et cellules de crise sont instaurées, la panique se répandant peu à peu à travers le pays. Pour Carl comme pour tout à chacun, c'est un véritable drame, lui qui espérait voir sa vie commencer à se construire réellement est effrayé par ce qui venait tout tacher et même tout détruire, à l'échelle du pays. Incitations a céder à la peur, sectaires promettant le jugement dernier, l'armée multipliant les vagues de répression et le système tout entier, qui s'apprêtait à s'effondrer.

Six semaines passèrent.

Carl, sa mère et son oncle avaient rejoint un camp de réfugiés encadré par la discipline militariste. En quelques semaines, ils n'avaient eu d'autre choix que de prendre quelques affaires, ramasser de la nourriture là où ils pouvaient en trouver - soit dans bien peu d'endroits qui n'avaient pas déjà été pillés, et le départ fut la seule option. Au sein de ce camp de quelques centaines de personnes perdu dans cet état isolé par la quarantaine, et sans nouvelles du reste du pays et même du monde, ils étaient pourtant parvenus à trouver un peu d'espoir au milieu de la désolation. Au début, tout le monde était plus ou moins solidaire, s'efforçait de s'entre-aider ou presque et partageait en bonne âme, à quantité variable. Il y avait des réfugiés plus virulents, plus individualistes qui polluaient la communauté, mais l'autorité des militaires mettait l'ensemble des occupants d'accord et si ces derniers étaient stricts, ils demeuraient assez justes dans leur manière de diriger. Ils étaient persuadés que les choses allaient s'améliorer et que le gouvernement en viendrait à se manifester pour rallier les troupes.

Mais cela n'arriva guère et la nourriture, les produits de soin, les médicaments, même l'eau, tout commença à manquer, l'espoir se tarissait de jour en jour. Fatalement c'est là que les choses changèrent. Il y eu de plus en plus de conflits entre les réfugiés, de plus en plus violents et beaucoup d'autres se mirent à contester les militaires, remettant en cause leur aptitude à gérer le camp et à les protéger. Bien qu'ils faisaient de leur mieux, les soldats également perdaient de plus en plus foi en un ralliement et les plaintes constantes des civils qui s'étaient toujours reposés sur eux et qui leur reprochaient maintenant leur situation finirent par faire naître de l'exaspération, et même de la colère des engagés. Carl lui, faisait sa part dans le camp et aida plusieurs fois les militaires qui recrutèrent de plus en plus de réfugiés pour soutenir les recherches de ressources principalement à l'extérieur du camp. Souvent, le groupe d'expédition ne revenait pas entier.

Sa mère était très réservée et se contentait du peu qu'ils avaient en cherchant autant que possible à éviter les conflits, terrifiée au quotidien, ce qui n'était pas le cas de son oncle qui avait dès le début montré des tendances à l'égoïsme, refusant le partage des biens et pestant contre bon nombre de civils, prétextant la survie et la stupidité générale pour justifier l'individualisme. Naturellement, il sera partisan des protestations toujours plus vigoureuses contre les autorités et ces dernières finirent par perdre de leur patience, puis de leur compassion. Comment leur reprocher un tel sentiment d'ingratitude et d'injustice ? Pourtant, quand les militaires commencèrent à être au fur et à mesure secs et répressifs, Carl se questionna sérieusement sur l'avenir de ce camp et il craignait que les choses ne tournent vraiment mal, quand bien même il avait choisi son camp, celui des engagés. Lui qui était tempéré, prudent et défendait la position extrêmement difficile des militaires, il s'opposa de plus en plus à son oncle en dépit du fait qu'il partageait avec lui l'idée de la nécessité de conserver leurs possessions - à une échelle différente toutefois - et du risque que l'on profite d'eux s'ils se montraient trop bons. De cette opposition résulta le moment où les deux hommes passèrent à de violentes disputes, jusqu'à ne plus se supporter la présence de l'autre.

Un jour des plus sombres, il y eut une protestation de tout un groupe de réfugiés, plus emportée que les précédentes, les plus contestataires n'avaient pas manqué d'enfoncer le clou en réponse à l'attitude de fil en aiguille arbitraire et rancunière des militaires. Les choses dégénérèrent complètement quand les soldats, cibles de lancers de pierres et de briques, ripostèrent à l'arme. Ce fut un drame terrible qui mena toute la communauté à sa perte, le chaos et la panique s'installèrent dans le grand campement, certains militaires perdirent totalement le contrôle et tuèrent des civils sans qu'ils aient montré la moindre hostilité, d'autres rescapés ramassèrent tout ce qui pouvait ressembler à une arme pour se défendre ou attaquer les engagés par surprise ou en surnombre, dans le dos ou à vingt contre un. D'autres réfugiés encore s'isolèrent dans leurs tentes, totalement terrorisés, néanmoins certaines familles grimpèrent avec leurs affaires à la va-vite dans leurs voitures et cherchèrent à quitter le camp. Les militaires refusant d'ouvrir les portes, il arriva ce qui arriva : des véhicules se mirent à foncer dans le tas et si plusieurs furent arrêtés par la force et le sang, grossissant le nombre de victimes, certaines parvinrent à passer en détruisant les portes scellant les fortifications.

L'apocalypse dans l'apocalypse dura des heures, la hiérarchie reprit le contrôle et mit en état d'arrêt plusieurs des soldats devenus fous, il y eut également des arrestations parmi les civils et on tenta de calmer la situation, en vain. Car, sans portes et avec tout le boucan généré par cette grande panique, des centaines de rôdeurs et plus encore furent attirés vers le camp de partout à la fois et sur d'importantes distances. Et Carl dans tout cela ? Il avait poussé sa mère à se cacher sous leur tente et patienta avec elle un certain temps, une malheureuse barre en fer à la main. Lorsqu'il sortit pour parcourir le carnage, il découvrit non loin des portes le cadavre de son oncle, une pierre à côté de sa froide main et comprit qu'il avait fait partie des agresseurs; et quand la horde des morts arriva, les militaires ne parvinrent pas à les retenir et en moins d'une demi-heure, les monstres envahirent toute la zone. Carl ramassa un fusil sur un soldat mort et tenta d'aider à la défense du camp, mais rien n'y fit, il en vint à partir en courant pour sauver sa vie et celle de sa mère, ne tardant pas à percevoir les hurlements de mort du soldat près duquel il avait essayé de lutter.

Se frayant un chemin parmi les tentes, il prit conscience avec horreur que l'invasion avait été beaucoup plus rapide qu'il ne le pensait : il y avait déjà des rôdeurs partout jusqu'au centre névralgique du camp et des gens se faisaient massacrer autour de lui. L'un des monstres lui tomba dessus, il y eut une lutte acharnée et il parvint à se dégager grâce à la crosse de son fusil, sans prendre le temps de l'abattre. Il courut jusque la tente de sa mère et quand il souleva le voile, ses yeux trouvèrent avec une indicible aversion la silhouette voûtée d'un décharné qui déchiquetait le corps sans vie de sa génitrice.

Un mois plus tard, Carl marchait le long d'une autoroute menant vers Dallas. Voilà un moment depuis la destruction du camp de réfugiés, une éternité pour un survivant luttant chaque jour afin de ne pas succomber, être mis en pièces. Il avait rencontré quelques pillards, dont il s'était soustrait ou qu'il était parvenu à fuir sans trop de mal, évitant absolument le danger, sauf par deux fois, la première où il y eut une course-poursuite jusqu'à finir dans une forêt, abandonnant son véhicule et errant à l'intérieur plus d'une journée avant d'en sortir par l'opposé. Et la seconde, où cette fois il avait été surpris et n'eut pas moyen d'échapper à son malheur, sauvagement frappé, il manqua de se faire tuer et dépouiller. Par chance, le manque d'attention et l'excès de confiance de ses ravisseurs lui avaient laissé tout juste le temps d'attraper son fusil sur le sol et d'en abattre un presque à bout portant avant de prendre ses jambes à son cou, sous le feu nourri des deux autres bandits, laissant son sac à dos et tout ce qu'il avait sur place.

Par trois fois, il avait rencontré un groupe de survivants qui n'avaient pas été sournois, cependant - pour une raison ou une autre - il finit par en partir, ne se sentant pas à sa place, ou convaincu que le groupe en question n'avait pas d'avenir. Sur cette autoroute, seul, il resta plongé dans ses pensées et avança vers un lieu qu'il ne connaissait pas encore, scrutant distraitement le paysage, fatigué d'une longue journée de voyage, lorsqu'il vit au loin un véhicule arrivant par la grande route. Il s'arrêta et observa d'abord pour se faire une idée de ce qui s'approchait. En prenant conscience qu'il s'agissait d'une jeep, suivie de près par un camion blindé, il ne s'autorisa aucun risque et couru jusqu'à la forêt où il s'enfonça. À mesure qu'il y progressait, la végétation s'avéra épaisse et il était de plus en plus difficile de savoir où l'on mettait les pieds. Ce qui lui pendait au nez survint alors. Trahi par le terrain, il sentit son pied se perdre dans le vide et tout son corps tomba dans un fossé. Un fossé, un piège, où se trouvaient quatre immondes morts-vivants décharnés.

Tout se déroula très vite, si vite qu'il n'eut pas le temps de réfléchir. Il se saisit de son couteau, le premier des mordeurs, galvanisé par cette proie qui se présentait enfin à eux, lui tomba pratiquement dessus - au littéral. Après un affrontement rageur, il parvint à l'abattre, mais deux autres se jetaient d'ores et déjà sur lui, le dernier seulement à la suite. Il se défendit, frappa de toutes ses forces, mais n'empêcha pas les monstres de déchirer son tee-shirt et lui infliger des griffures qui scellèrent son destin. Tandis que l'un d'eux finissait par tomber, son couteau dans le crâne, l'autre le mordit au bras et lui en arracha tout un morceau, tirant le nerf avec sa bouchée. La douleur fut si fulgurante, affreuse et indescriptible, qu'il entra dans un état second. Sans plus de raison ni d'humanité, il se déchaîna à mains nues et à deux contre un, frappa et mordit sa langue jusqu'au sang, dévoré par la fureur et l'indignation de se voir condamner ici, comme cela, en même temps que des giclées de liquides organiques étaient projetées et que des os craquaient.

Au moment où tout fut terminé, il se retrouva affalé contre terre, les corps aux crânes écrasés près de lui, ses mains déchirées, saignantes et brûlantes, tout comme son bras et à bien moindre mesure les diverses griffures infligées ; il était rendu à un état objectivement répugnant. Voilà donc comment son existence allait s'achever, après ce qu'il avait vécu, suite à tout ce qu'il avait fait pour survivre, les choses qu'il avait endurées et ses proches qu'il avait vus mourir. C'était à son tour de s'éteindre, ici, dans un fossé chargé de purulence en pleine forêt, seul et sans échappatoire. Une bien triste mort, pour un homme qui s'était accroché si fort à ses rêves.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
Mark III 13C 9 mm
Couteau papillon
G. Fumigènes 3
Talkie Moderne
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : 9mm
Tête : -
Torse : Veste tactique
Bras : Veste tactique
Flancs : -
Taille : Sacoche banane
Jambes : Pantalon tactique
Véhicules 0/3
-
Contenants Personnels :
Dos 0/15
Petit sac
-

Taille 3/3
Sacoche banane
Kit de crochetage (3)
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